/news/currentevents
Navigation

Homosexualité dans l’armée: trois recours collectifs réunis en un seul

Bloc forces canadiennes
Photo Agence QMI / Archives

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – Les demandes de recours collectifs déposées par Todd Ross, Martine Roy et Alida Satalic pour discrimination envers les gais et lesbiennes au sein des Forces canadiennes ont été réunies en une seule en Cour fédérale à Montréal, ont annoncé leurs avocats, jeudi matin.

«On croit qu’il y a de la force à se réunir. On a l’expérience et l’expertise de trois cabinets d’avocats et cela évite aussi des étapes procédurales», a affirmé Me Audrey Boctor du cabinet montréalais Irving Mitchell Kalichman en entrevue téléphonique.

L’émission «J.E.» de TVA avait levé le voile en octobre sur le sort des militaires homosexuels qui avaient été congédiés, intimidés, suivis et même torturés en raison de leur orientation sexuelle. L’ancienne militaire Joyce Ward avait confié avoir subi des électrochocs durant un interrogatoire. De nombreux ex-membres des Forces ont subi des séquelles psychologiques sérieuses et durables de cette mauvaise expérience.

«La purge LGBT [lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres], c’était une campagne qui visait à identifier les homosexuels dans l’armée et à les purger. C’est une campagne qui a duré plusieurs décennies», a précisé Me Boctor.

«On justifiait cela sur la base de la sécurité nationale, a-t-elle ajouté. On pensait que les LBGT posaient un risque pour la sécurité. On les voyait comme des sympathisants communistes et plus tard on disait qu’ils pouvaient faire l’objet de chantage.»

Le recours collectif vise la période allant de la décriminalisation de l’homosexualité en juin 1969 jusqu’à aujourd’hui.

Selon Audrey Boctor, des centaines de Canadiens ont déjà contacté les trois cabinets d’avocats engagés pour dire qu’ils avaient été victimes de discrimination. Elle estime que des milliers de citoyens pourraient être dédommagés par le gouvernement fédéral qui songe d’ailleurs à présenter des excuses.

«Ce serait très bienvenu. Il n'y a rien qui empêche le gouvernement de s’excuser. C’est notre espoir», a précisé l’avocate.

Mme Boctor estime qu’un règlement à l’amiable serait d’ailleurs la meilleure solution.