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Philippe Couillard assure qu'il avait demandé à Marc-Yvan Côté de ne pas s'impliquer dans sa campagne

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Simon Clark/Agence QMI

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Le premier ministre Philippe Couillard a pris ses distances de Marc-Yvan Côté, jeudi matin, malgré des courriels qui démontrent la participation de l’ex-collecteur de fonds dans sa course à la chefferie du Parti libéral du Québec.

 

«Monsieur Côté n’avait aucun rôle dans l’organisation de ma course à la direction, aucun mandat, aucune autorisation, point final», a assuré Philippe Couillard, jeudi matin.

Des courriels obtenus en exclusivité par le Bureau d’enquête du Journal démontrent pourtant que Marc-Yvan Côté a été en contact avec l’entourage de Philippe Couillard durant la course à la chefferie du PLQ, en 2013.

Philippe Couillard affirme plutôt qu’il a rencontré l’ex-ministre et organisateur politique avant même le début de la course à la direction pour lui demander de se tenir à l’écart, après avoir appris son intérêt pour sa candidature.

Marc Yvan Cote
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Photo d’archives

«J’ai demandé personnellement à monsieur Côté de ne pas s’impliquer dans ma campagne», assure Philippe Couillard. Cette instruction a été communiquée à tous ses organisateurs, ajoute-t-il.

Pourtant, un courriel envoyé quelques jours après la victoire du nouveau chef libéral indique à Marc-Yvan Côté que «Josée Lévesque du bureau de Philippe Couillard» souhaite lui parler.

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Photo Agence QMI, Simon Clark

«[Josée Lévesque] nous assure que ça n’avait aucun rapport avec l’organisation politique, que ce soit au niveau du parti ou de la course à la direction», a affirmé Philippe Couillard jeudi.

Commission parlementaire

Pour leur part, les partis d’opposition veulent entendre les divers acteurs de cette affaire en commission parlementaire. «Je ne vois pas l’intérêt», a rétorqué le premier ministre, qui dit craindre que l’exercice se transforme en «cirque» partisan.

Le chef de la CAQ estime pourtant qu’une commission parlementaire permettrait de faire la lumière. «Il y a beaucoup, beaucoup de questions à poser en commission parlementaire. Je pense que ça serait très difficile pour Philippe Couillard de dire : Je n'étais pas au courant de rien, là, à moins d'être complètement innocent dans le mauvais sens. Mais on a besoin d'avoir les réponses», a lancé François Legault, en point de presse jeudi matin.

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Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

Jean-François Lisée, lui, estime qu’il est «inconcevable» que la garde rapprochée de Philippe Couillard ait agi à son insu. «Beaucoup de Québécois ont conclu que Philippe Couillard mentait comme un arracheur de dents, a dit le chef péquiste en rappelant l’épisode William Bartlett l’automne dernier. Et lorsque Philippe Couillard va dire aujourd'hui qu'il est scandalisé d'apprendre que Marc-Yvan Côté participait à sa campagne, il va mentir comme un arracheur de dents.»

Pour Amir Khadir, cette histoire démontre l’influence occulte du milieu des affaires sur les partis politiques. «Le cancer des influences occultes et des manœuvres dans l'ombre, faites en toute dérogation à la transparence politique, à l'équité et l'intégrité en matière publique, ronge encore le Parti libéral bien que des organes soient en santé, bien que plein de gens veuillent en finir avec ça, j'imagine, a dit le député solidaire. Je ne veux pas accabler tous les membres du Parti libéral. Je ne veux pas accabler tous les députés. Mais ce cancer-là atteint le sommet.»