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Encore 37 M$ réclamés pour le CHUM pour des travaux impayés

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Photo d’archives, Joël Lemay Le nouveau CHUM devait initialement être livré en avril 2018. Aujourd’hui, la fin des travaux est prévue pour 2021.

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Le consortium chargé de construire le futur CHUM fait face à une réclamation de 37,4 M$ pour des travaux impayés, la plus importante depuis le début du chantier.

Au total, le consortium Construction santé Montréal et le CHUM font face à des hypothèques légales totalisant plus de 77 millions $, prises par cinq entreprises. Mardi dernier, c’était au tour de Réko limitée de Mirabel d’inscrire un montant impayé de 37,4 M$.

Elle veut ainsi s’assurer de recevoir les sommes dues pour des travaux réalisés en vue de la livraison provisoire de l’hôpital prévue en juin.

Il faut dire que les retards s’accumulent depuis longtemps sur le projet de deux milliards $ réalisé en partenariat public-privé (PPP). La livraison de la phase 1 était initialement prévue pour avril 2016 avant d’être reportée à plusieurs reprises. Une fois que l’hôpital aura été livré, il faudra six autres mois avant de recevoir des patients.

Plusieurs extra

Selon nos informations, ces retards auraient fait bondir la facture de certains entrepreneurs. Une part importante des montants réclamés sont pour des extra entre le constructeur et le sous-traitant.

L’enregistrement d’hypothèques légales en fin de chantier n’est pas inhabituel, mais elles démontrent souvent que les négociations pour le paiement sont difficiles à conclure.

Rappelons qu’avant d’accepter de prendre possession du futur hôpital, le CHUM doit également recevoir l’approbation d’un certificateur indépendant.

Ce dernier doit vérifier que l’ensemble des travaux respecte les exigences de performance prévues au contrat. Certains travaux ont ainsi dû être faits dans les derniers mois.

Il ne devrait toutefois pas y avoir d’impact sur le coût des travaux pour le gouvernement ni sur la date de livraison. «Il n’y a aucune incidence sur ce que le partenaire public paie», assure Martin Viau, du Bureau de modernisation des CHU.

Le temps presse

Pour le consortium privé, le temps presse toutefois puisqu’il perd environ 10 millions $ par mois qui étaient prévus pour l’entretien à partir d’avril 2016.

L’un des principaux partenaires du consortium, OHL, connaît également d’importantes difficultés financières depuis deux ans. Son titre a fondu de plus de 70 %. La compagnie espagnole présente dans une trentaine de pays a notamment été mêlée à un scandale de financement politique en Espagne et un autre d’écoute électronique au Mexique.

Au Québec, en plus de Réko limitée, l’entreprise Construction Michel Gagnon a aussi inscrit une hypothèque légale de 3 millions $ au cours des derniers jours. Pour sa part, la compagnie L.K. Industries a enregistré un montant de 470 284 $.

Au début du mois de février, c’est l’entreprise Groupe SCV inc. de Victoriaville qui avait inscrit une hypothèque légale de 36,3 M$.

Une fois la phase 1 terminée, l’ancien hôpital Saint-Luc sera démoli pour laisser place à une nouvelle section du futur CHUM. Selon l’échéancier initial, cette deuxième phase devait être terminée en 2018. La fin des travaux est maintenant prévue pour 2021.

L’entretien du bâtiment sera également réalisé sous la forme d’un partenariat public-privé qui doit s’étendre jusqu’en mars 2050.

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