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La fièvre italienne

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Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai hâte à 2018. Pas parce que le gouvernement Trudeau va légaliser le pot. Mais parce que HBO va adapter en série télé de huit épisodes les best-sellers de l’auteure italienne Elena Ferrante.

Ça, c’est du bon stock.

VIVA FERRANTE !

La saga napolitaine d’Elena Ferrante, c’est un immense succès de librairie: cinq millions d’exemplaires vendus dans le monde, des traductions en 42 langues. En quatre livres, l’auteure nous raconte l’histoire d’une amitié faite d’amour et de haine entre Elena et Lila. On les suit depuis leur enfance dans les rues de Naples jusqu’à l’âge adulte. Leur vie est marquée par la violence de leur milieu d’origine, très modeste, et de leur volonté de s’en sortir.

Si vous avez lu le premier tome, L’amie prodigieuse, vous savez ce que c’est que d’être accro à une auteure et de tourner les pages en ayant presque hâte d’avoir fini pour pouvoir lire la suite. Si vous ne l’avez pas encore lu... qu’est-ce que vous attendez?

Quand j’ai su que le troisième tome de la saga, Celle qui fuit et celle qui reste, était sorti en traduction française, j’ai conduit en fou jusqu’à mon libraire préféré.

Devant ce succès planétaire, il fallait bien sûr s’attendre à ce qu’une adaptation télé se fasse. D’autant plus qu’il y a déjà une adaptation théâtrale en Angleterre.

On vient d’apprendre que le tournage des huit premiers épisodes de L’amie prodigieuse commencerait cet été en Italie, avec la RAI comme partenaire. La série sera tournée en italien et diffusée à HBO, avec des sous-titres anglais.

Le but est d’adapter les quatre romans, pour un total de 32 épisodes.

Bon, vous vous demandez peut-être pourquoi je suis si excitée?

Parce que c’est rare, de nos jours, qu’un livre qui connaît autant de succès ne soit ni un livre de recettes, ni une histoire d’orphelin magicien, ni de la porno guimauve sadomasochiste, ni des romans gnans gnans.

La saga napolitaine d’Elena Ferrante, c’est du sérieux. Une histoire complexe, avec des personnages multidimensionnels, qu’on aime pendant quelques pages pour les détester par la suite. Des revirements de situation qu’on n’avait jamais vus venir. Et une description très juste, très lucide, de la complexité de l’âme humaine.

Bref, c’est de la grande littérature.

La saga napolitaine, c’est la preuve qu’on peut écrire des grands romans, sans jamais tomber dans la facilité, et vendre des millions d’exemplaires. La preuve qu’on peut à la fois être exigeant et populaire, pointu et divertissant.

C’est pour ça que je suis folle de joie. De voir que ce livre qui m’a remué les entrailles a touché autant de gens partout sur la planète.

Alors, la série télé par-dessus ça, c’est comme la cerise sur le sundae!

CLAUDIA, BELLISSIMA !

Parlant d’Italie, avez-vous vu la photo de l’actrice Claudia Cardinale sur l’affiche du festival de Cannes qui a été «photoshoppée» pour la faire paraître plus mince? Sur cette photo datant des années 1950, Cardinale était vavavoom (comme les Italiennes savent l’être) et bien dans sa peau. Le fait qu’en 2017 on ait cru bon de lui enlever 10 livres, ça démontre qu’on vit une époque prude, coincée, obsédée par la minceur. Mamma mia, quel dommage!