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En colère contre Bombardier

93 % des répondants dénoncent la forte hausse des rémunérations des dirigeants

GEN-BOMBARDIER-ASSEMBLEE
Photo Agence QMI, Joël Lemay Pierre Beaudoin (à gauche), président du conseil d’administration de Bombardier, a vu ses revenus grimper de 5 millions $ en 2015 à 7 millions $ en 2016. Une hausse de 36,5 %. Sur la photo, on voit Pierre Beaudoin et Laurent Beaudoin (président émérite du conseil) lors de l'assemblée annuelle, le 29 avril 2016.

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Les Québécois sont presque unanimement contre les généreuses hausses de rémunération des hauts dirigeants de Bombardier, à tel point qu’ils regrettent le 1,3 milliard versé par le gouvernement Couillard pour aider l’entreprise.

Un sondage Léger/TVA/Le Journal a révélé hier un rare consensus parmi la population québécoise. Une écrasante majorité (93 %) se dit contre la décision de Bombardier de gonfler de 48 % la rémunération de ses hauts dirigeants, malgré les milliers de mises à pied et l’octroi d’importantes aides gouvernementales.

«C’est le plus haut taux de désaccord jamais mesuré dans nos sondages express. Les jeunes, les vieux, les anglophones, les francophones... la population est quasi unanime sur cette question», conclut le sondeur Jean-Marc Léger.

Le sondage montre aussi que les contribuables ne partagent pas l’avis du premier minis­tre Philippe Couillard, qui pense que ce cadeau pour la haute direction «est une question qui regarde l’entreprise et ses actionnaires».

Les subventions provinciales de plus d’un milliard de dollars injectées dans le fleuron québécois devraient même être «réévaluées» à la lumière de ces informations, estiment les répondants.

Réputation

La confiance des Québécois envers la multinationale de l’aéronautique a radicalement chuté en deux mois. Le sondage indique une baisse de 23 points d’opinions favorables envers Bombardier par rapport à sa dernière mesure, en février 2017.

«Cela va heurter la réputation de Bombardier pendant longtemps s’ils ne réagissent pas rapidement», commente Jean-Marc Léger.

Surtout que, de l’avis populaire, les performances boursières ne justifient en rien une telle hausse de rémunération. Six grands patrons devaient se partager près de 43 millions de dollars canadiens pour l’exercice 2016, dont 12,5 millions pour le président et chef de la direc­tion Alain Bellemare à lui seul.

Renonciation

Pour réparer les pots cassés, 9 répondants sur 10 croient que les dirigeants de Bombardier devraient renoncer aux millions qui leur sont offerts, comme l’a déjà annoncé Pierre Beaudoin, le président du conseil d’administration de la compagnie. Les cinq autres grands patrons de l’entreprise ne l’ont toujours pas suivi dans cette voie.


► Est-ce que vous avez une bonne opinion, une mauvaise opinion, vous ne connaissez pas assez pour avoir une opinion ou vous ne connaissez pas du tout, la compagnie Bombardier?

Avril 2017

Je ne connais pas assez : 20 %
Je ne connais pas du tout : 1 %
Mauvaise opinion : 37 %
Bonne opinion : 42 %

Février 2017

Je ne connais pas assez : 13 %
Je ne connais pas du tout : 3 %
Mauvaise opinion : 19 %
Bonne opinion : 65 %


► Êtes-vous en accord ou en désaccord avec la décision de Bombardier d’accorder à ses hauts dirigeants une augmentation de salaire moyenne de 48 %?

Je préfère ne pas répondre : 4 %
D’accord : 3 %
Désaccord : 93 %


► Selon vous, est-ce que les hauts dirigeants devraient renoncer à leur hausse de salaire?

Oui : 90 %
Non : 5 %
NSP/Refus : 5 %


► Selon vous, est-ce que le gouvernement du Québec doit réévaluer son soutien à Bombardier dans ce contexte?

Oui : 84 %
Non : 11 %
NSP/Refus : 5 %


Méthodologie

Le sondage web a été effectué auprès de 501 répondants majeurs entre vendredi et hier, soit en partie avant l’annonce de la renonciation du bonus de M. Beaudoin. La marge d’erreur  est de 4,4 %, 19 fois sur 20.

 

Ils s’en mettent plein les poches

Des six hauts dirigeants de Bombardier qui ont touché de juteuses augmentations de salaire en 2016, seul Pierre Beaudoin, le président du conseil d’administration, a refusé de toucher son magot. Les cinq autres n'ont pas signifié à ce jour qu’ils renonçaient à leurs augmentations annuelles, qui vont de 28,9 à 93,3 %. Ces hausses ont été consenties en dépit des milliards de fonds publics dont Bombardier a bénéficié pour éviter la faillite depuis deux ans.