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25 M$ d’argent public à risque dans la firme Orbite

ARG-ORBITE-OTTAWA
Photo d'archives, Agence QMI En janvier 2014, la firme gaspésienne Technologies Orbite avait obtenu 4 millions $ du fédéral. Sur la photo, Glenn R. Kelly (à gauche), alors vice-président et chef de l’exploitation de l’entreprise, et le ministre conservateur Denis Lebel.

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Une entreprise gaspésienne qui a reçu près de 25 millions de dollars en aide du gouvernement vient d’annoncer qu’elle se place sous la protection des tribunaux à l’abri de ses créanciers.

L’entreprise Technologies Orbite, de Cap-Chat, a annoncé vendredi en fin d’après-midi qu’elle ne pourrait pas respecter «certaines clauses [...] de ses facilités de crédit» à cause de problèmes de production.

Hier, elle a annoncé qu’elle annulait sa conférence téléphonique destinée aux investisseurs. Elle a déposé un avis d’intention de faire une proposition en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

«La suspension des opérations et le retard conséquent de la génération de revenus en raison d’un problème externe d’équipement sont extrêmement aggravants, à la fois pour nos actionnaires qui ont continué à soutenir la Socié­té, et pour nous-mêmes», a commenté Glenn Kelly, le patron d’Orbite.

Conséquence de l’annonce, le titre d’Orbite a été retiré des échanges hier, à la Bourse de Toronto.

Incertitude

Investissement Québec, le bras financier du gouvernement québécois, a placé 20 millions $ (15 millions $ en actions et 5 millions $ en débentures) à risque dans Orbite, nous a indiqué la porte-parole Chantal Corbeil.

Le gouvernement fédéral a de son côté octroyé un prêt de 4 millions $ à Orbite en 2014, auquel s’ajoute une contribution remboursable de 800 000 $.

«C’est un investissement qui a été fait après un mandat du gouvernement», a commenté Chantal Corbeil, d’IQ.

Problème de four

Selon les explications fournies vendredi, l’entreprise a eu un problème avec son calcinateur nécessaire à la production d’alumine de haute pureté.

«C’est l’équipement de calcination fourni par Outotec [une firme finlandaise] qui ne respecte pas les spécifications de conception et de performance prévues au contrat et qui est déficient, et non pas le procédé Orbite», assure l’entreprise, qui a dit étudier ses recours légaux.

Dans le communiqué, l’entreprise dit avoir besoin de 8 millions $ d’argent frais pour pouvoir poursuivre ses activités.

Nombreux retards

En mai 2016, Orbite avait déjà sollicité de nouveaux fonds publics après d’importants retards dans la mise en branle de l’usine.

La direction pensait à l’époque pouvoir démarrer la production à l’autom­ne 2016. «L’arrivée d’un partenaire stratégique pour relancer les activités de l’entreprise, dans le respect du processus judiciaire en cours, est un des scénarios privilégiés actuellement», a commenté le cabinet de la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, par courriel.