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Bombardier est le symptôme, pas la cause

Alain Bellemare, patron de Bombardier.
photo d’archives, maxime deland Alain Bellemare, patron de Bombardier.

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Tout le monde capote sur l’histoire­­ de Bombardier.

«Ah, c’est donc effrayant, ça n’a pas de sens, quelle arrogance», etc., etc.

Mais lorsqu’on y pense, ce n’est pas tellement surprenant qu’une telle chose soit arrivée, non?

Toutes les conditions étaient réunies­­...

Quand tu bouffes de la merde trois fois par jour, que tu fumes comme une cheminée, que tu ne fais pas d’exercice et que tu bois comme un trou, normal que tu fasses une crise cardiaque­­, non?

C’est le contraire qui serait surprenant­­...

INJECTER DES MILLIONS

L’affaire Bombardier n’est pas arrivée comme ça, du jour au lendemain, au beau milieu de nulle part.

Elle a pris racine dans une culture particulière.

Il y a deux façons d’aider les entreprises privées.

Baisser les impôts, alléger la paperasse, cesser de mettre des bâtons dans les roues des entrepreneurs, encourager­­ les jeunes à croire en eux et à prendre des risques – bref, créer un climat propice à la création de la richesse.

Ou alors pomper artificiellement des milliards de dollars dans des entreprises­­ boiteuses en espérant qu’un jour, le moribond ressuscite et des billets verts se mettent soudainement à pousser...

Au Québec, on privilégie la seconde option.

L’État ne crée pas un climat susceptible d’aider les entrepreneurs: l’État intervient.

Massivement.

Comme je l’écrivais lundi, l’État sort ses grosses mamelles et donne la tétée­­.

«Qui veut de mon lait? Venez, les amis, venez téter le gouvernemaman, il y en a pour tout le monde!»

On se plaint, après, qu’il y ait du copinage­­ et des abus.

Duh!

Le système ENCOURAGE le copinage et les abus!

C’est le contraire qui serait surprenant­­...

LA FLEUR ET LE FUMIER

Bien oui, que tous ces gens-là se connaissent, bien oui, qu’ils se fréquentent, bien oui, qu’ils se renvoient l’ascenseur et bien oui, qu’ils s’appuient­­ les uns les autres quand vient le temps de se voter des hausses de salaire!

C’est comme ça que fonctionne le système!

Je siège à ton C.A., tu sièges à mon C.A., j’aide ta campagne, tu aides mon entreprise...

Je te donne 25 000 $, tu fais semblant de ne plus t’en souvenir parce que tu avais mal à la prostate...

Les parents couchent tout nus avec les enfants dans le même grand lit, et on est tout surpris quand on apprend qu’il y avait de l’inceste!

Bombardier n’est pas la cause du problème. Bombardier n’est que le symptôme, le résultat.

C’est la fleur que le fumier a fait pousser...

Si on ne change pas le système, vous pouvez être sûr qu’il y aura d’autres­­ Bombardier.

C’est dans l’ordre des choses.

Tu manges du sucre? Tu grossis.

Tu bois trop? Tu dors mal.

C’est automatique.

DEUX VISIONS DU MONDE

Ah que c’était beau de voir la gauche et la droite dénoncer d’une même voix les hausses de salaire des dirigeants de Bombardier ce week-end!

Que c’était touchant!

Mais sous cette apparente harmonie se cachent deux visions irrécon­ciliables du monde.

La gauche prône l’interventionnisme, la droite prône le libre marché.

Le gouvernemaman contre «Tasse-toi môman et sacre-moi la paix».

Ce n’est pas du tout la même chose...