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Le directeur général de la Sûreté du Québec se défend

Le haut gradé a été mis à mal dans un reportage de Radio-Canada sur l’A-13

Martin Prud’homme assure qu’il était assis exactement à cet endroit, dans son bureau, le soir de la tempête.
Photo Benoît Philie Martin Prud’homme assure qu’il était assis exactement à cet endroit, dans son bureau, le soir de la tempête.

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Le directeur général de la Sûreté du Québec nie les allégations d’un reportage de Radio-Canada selon lesquelles il serait parti en vacances au lendemain du cafouillage sur l’autoroute 13 et cumulé deux emplois alors qu’il était enquêteur.

Selon les informations présentées mardi par Radio-Canada, Martin Prud’homme serait parti en vacances à la Barbade le 15 mars et serait rentré au pays le 22.

Il a aussi été rapporté que la SQ avait refusé jusqu’à présent de dire où se trouvait le directeur du corps de police le soir où 300 personnes sont restées prisonnières sur l’autoroute 13 alors que l’une des pires tempêtes de l’histoire du Québec s’abattait sur la province.

« Il y a eu des manquements de la part de la SQ. Il y a des choses à côté desquelles on est carrément passés. » -Martin Prud’homme, directeur général de la Sûreté du Québec

«J’étais ici dans mon bureau. À la même place où je suis assis présentement, assure M. Prud’homme, en entrevue avec Le Journal. Et je n’ai jamais quitté pour aller en voyage, ni lendemain, ni le surlendemain. Je n’ai jamais été à la Barbade.»

Le directeur dit être parti du bureau à 21 h 30 ce soir-là et avoir eu de la difficulté à se rendre chez lui à cause la tempête.

Le lendemain matin, il était de retour au bureau très tôt dans la matinée pour rencontrer des directeurs de police. «J’ai travaillé toute cette semaine-là et même le week-end, où j’ai relevé l’un de mes officiers de ses fonctions.»

M. Prudhomme dit avoir quitté le Québec le 21 mars pour ses vacances. Il arrivait d’ailleurs tout juste de l’aéroport lors de notre entretien mardi soir.

Sur le terrain

Concernant le soir de la tempête, le directeur général dit avoir été informé de nombreux incidents, surtout ceux impliquant des blessés, mais il admet que la SQ a une part de responsabilité dans les évènements de l’A-13. Il dit ne pas avoir été informé de la situation avant de se coucher ce soir-là, vers 1 h du matin.

«Il y a eu des manquements de la part de la SQ. Il y a des choses à côté desquelles on est carrément passé. Mais on va rétablir cela en temps et lieu et j’ai déjà pris des actions», dit-il, refusant de détailler en raison de l’enquête en cours.

Radio-Canada avançait aussi mardi que l’un des trois adjoints de M. Prud’homme, Sylvain Caron, était pour sa part au «beau milieu d’une fête» pour souligner le départ à la retraite d’un collègue.

«Il était avec moi dans la journée, il a quitté le bureau à 18 h 30. Il n’a jamais été dans aucun party ce jour-là. Il n’y avait même pas de fête», dit M. Prud’homme.

Concernant l’autre adjoint responsable des enquêtes, Yves Morency, le directeur général a confirmé que ce dernier était effectivement en vacances et était à l’aéroport le soir des évènements.

Double emploi

Le reportage de Radio-Canada mentionne finalement que Martin Prud’homme a exploité une entreprise de déneigement et de transport de marchandises entre 2004 et 2015.

On suppose qu’il a cumulé deux emplois alors qu’il était enquêteur, puis directeur général de la SQ, à compter d’octobre 2014.

«J’ai décidé d’ouvrir une compagnie pour que mon père puisse travailler pendant sa retraite. Il faisait du déneigement de ses voisins immédiats, raconte le DG. Il m’est arrivé de travailler avec lui par plaisir à l’occasion, mais ça n’a jamais interféré avec mon travail.»

Il soutient que l’entreprise a cessé ses activités en 2008 et que son employeur de l’époque était au courant.