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Les obligations vertes

Air pollution
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Si la crise écologique et la nécessité d’une transition énergétique défraie la chronique depuis maintenant quelques décennies et que des moyens politiques sont mis en place, les moyens concrets pouvant être employés sont à connaître davantage. Parmi ceux-ci, figure celui des obligations vertes. L’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) vient d’y consacrer une note d’intervention, accessible ici. Elle est signée Gilles L. Bourque, François L’Italien et Robert Laplante.

Le gouvernement émet constamment des obligations, c’est-à-dire des créances sur son émetteur. C’est un moyen amenant généralement quelques recettes pour l’État, lesquelles sont employées à la discrétion de ce dernier. Or, dans le cas des « obligations vertes », l’État les applique aux infrastructures publiques et utilise obligatoirement les recettes récoltées pour financer des projets soutenant directement la « guerre aux changements climatiques ». Ce type de projet peut aller d’un parc éolien à des installations solaires, pour ne mentionner que ces exemples. Comment s’assurer que les recettes bénéficieront véritablement à des projets environnementaux et que ces sommes ne seront pas utilisées ailleurs ? Le principe d’une obligation verte implique des mécanismes de surveillance par un tiers.

Les obligations vertes existent au Québec et en Europe et amènent des succès remarquables. Pourquoi ne pas multiplier les applications de ce modèle ?

Comme le mentionne la note de l’IREC, il serait impératif de le faire :

[L]’OCDE estime que pour préserver l’intégrité de l’environnement et soutenir les efforts d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets (afin de limiter la hausse des températures sous la limite des 2oC), il faudrait, à l’échelle globale, investir annuellement des sommes variant de 573 milliards $ pendant la période 2015-2020 et jusqu’à 2 262 milliards $ pour la période de 2031-2035. Par ailleurs, si on considère que l’univers des émissions nettes d’obligations pour les quatre plus grands marchés couverts est estimé en 2014 à 19 billions $ (19 000 milliards $), on peut admettre que les besoins d’investissement dans les infrastructures vertes pour lutter efficacement contre les changements climatiques n’apparaissent pas irréalisables. Pourtant, et c’est là que le bât blesse, les émissions d’obligations vertes pour financer la transition n’ont atteint, la même année 2014, que 36,6 milliards $. 

Il faudra donc environ 15 fois plus d'obligations vendues, à l'échelle mondiale, pour atteindre le niveau de financement nécessaire pour éviter limiter la hausse de la température sous 2 degrés.

À un niveau strictement québécois, l'IREC dresse une généreuse liste de recommandations, impliquant une mobilisation d'Hydro-Québec, d'Investissement-Québec et de la Caisse de dépôt et placement pour ce pan important de la nécessaire transition énergétique.

Je rappelle que la note de l’IREC se trouve ici. Nous gagnerions à méditer là-dessus.