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La Bolduc revit au cinéma

Le film, attendu en 2018, retracera la vie de la célèbre chanteuse Mary Travers

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Debbie Lynch-White ne s’en cache pas: il y a une pression énorme dans le fait d’incarner à l’écran un personnage historique comme La Bolduc. «J’y mets tout mon cœur et après, les gens décideront s’ils aiment ou pas notre proposition», a confié l’actrice, rencontrée mercredi sur le plateau de tournage du très attendu film La Bolduc.

«Je ne peux pas jouer La Bolduc, parce que La Bolduc, c’est Mary Travers et elle est décédée aujourd’hui après avoir été ce qu’elle a été», a ajouté la comédienne entre le tournage de deux prises dans un pavillon désaffecté d’un hôpital de Montréal.

«Il n’y a qu’une seule Bolduc. C’est la raison pour laquelle on a fait le choix de présenter notre Bolduc. Dans le film, ce sera donc mon interprétation de La Bolduc et celle du réalisateur (François Bouvier).»

Même si elle se prépare pour ce rôle depuis déjà deux ans (elle a notamment perdu 40 livres et appris à turluter comme La Bolduc), Debbie Lynch-White admet qu’elle a senti une certaine pression avant d’amorcer le tournage du film, le mois dernier. Elle a même donné un coup de fil à Antoine Bertrand (qui a joué à l’écran un autre personnage historique, Louis Cyr) pour lui demander conseil.

«Il m’a dit d’y aller une scène à la fois, raconte l’actrice. Et cette phrase, je me la répète tous les jours. Parce que si je me réveille le matin en pensant à ce que ce rôle représente, ça donne le vertige!»

« Une femme forte »

Réalisé par François Bouvier (Paul à Québec), La Bolduc retracera donc le parcours de Mary Travers, alias La Bolduc, cette mère de famille pauvre et sans éducation qui a réussi à sortir sa famille de la misère en devenant une chanteuse folklorique à succès.

Le film se penchera notamment sur sa jeunesse, sa rencontre avec son mari à Montréal et sa carrière de chanteuse dans les années 1920 et 1930. La Bolduc est décédée en 1941 à l’âge de 46 ans.

«Elle ne l’a pas eu facile, mais c’était une bonne vivante et une femme forte, souligne Debbie Lynch-White.

«Elle a eu 13 grossesses, mais il y a juste quatre de ses enfants qui ont vécu jusqu’à l’âge adulte. Elle a donc perdu neuf de ses enfants. Elle a vécu à une période sombre de notre histoire, mais le réalisateur veut éviter qu’on aille dans la misère. On veut que La Bolduc soit rayonnante là-dedans.»

Le côté «féministe malgré elle» de La Bolduc sera aussi mis de l’avant dans le film.

«Avec son mari qui a été en convalescence parce qu’il s’est fait arracher toutes les dents, elle a été obligée de prendre les rênes de sa famille, explique l’actrice.

«Elle a été féministe dans ses gestes parce qu’à l’époque, la femme devait rester à la maison pour s’occuper des enfants. Elle a fait le contraire en faisant carrière comme chanteuse pour pouvoir nourrir sa famille. Elle a fait avancer la cause des femmes à sa façon.»


Le tournage de La Bolduc se poursuit jusqu’au 23 avril. Le film prendra l’affiche dans un an.