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La GRC admet posséder des appareils pour intercepter les données cellulaires

La GRC admet posséder des appareils pour intercepter les données cellulaires
photo pierre-paul poulin

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OTTAWA – La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a admis, mercredi, utiliser des appareils d’espionnage clandestins permettant de capter des données des téléphones cellulaires.

Le superintendant principal de la GRC, Jeff Adam, a fait cette révélation lors d’une rare rencontre avec des journalistes du «Toronto Star», du «Globe and Mail» et de CBC News.

«Nous confirmons officiellement que la GRC possède et utilise une technologie d’identification mobile pour identifier et localiser des suspects lors d’enquêtes criminelles. Cette capacité peut être utilisée pour bonifier des enquêtes liées à la sécurité nationale, au crime organisé et à d’autres crimes sérieux qui touchent la sécurité des Canadiens», a affirmé M. Adam.

Selon la GRC, cette technologie a été utilisée dans le cadre de 19 enquêtes criminelles au cours de la dernière année.

Le haut responsable a toutefois assuré que la GRC n’intercepte pas les communications privées transitant par les cellulaires, mais se contente de les identifier.

Ainsi, tous les appareils dans une zone donnée sont identifiés, ce qui permet de suivre les déplacements d’individus ou, à tout le moins, ceux de leur cellulaire.

Cette possibilité n’enchante pas les associations de protection des libertés.

«C’est trop large. C’est impossible de prévoir qui va se faire prendre. Nous devrions tracer une ligne et ne pas utiliser ce type de technologie. C’est difficile d'imaginer comment ça peut être justifié dans une société démocratique», a réagi Joseph Hickey, directeur de l’Association des libertés civiles de l’Ontario, en entrevue avec le «Toronto Star».

La révélation survient alors que CBC a indiqué, lundi, que des appareils d’espionnage de données cellulaires ont été repérés au Parlement, à Ottawa. Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale a toutefois soutenu mardi que ces appareils n’appartiennent ni à la GRC ni au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Les deux agences enquêtent d’ailleurs afin de découvrir qui a installé ces appareils.