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Les «grosses pattes» de M. Couillard

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Philippe Couillard est un redoutable expert en sophismes. Ses sorties complaisantes sur le scandale de la rémunération outrancière des hauts dirigeants de Bombardier en fournissent quelques exemples spectaculaires.

Selon le premier ministre, «si le gouvernement donne le signal au monde que quand vous venez au Québec avec une entreprise, le gouvernement met ses grosses pattes dans vos affaires et gère votre entreprise à votre place, on n’ira pas loin au Québec.»

NOTRE argent

Or, cette affirmation est aussi fausse qu’un billet de trois dollars. Primo, Bombardier n’arrive pas au Québec de l’étranger. C’est une entreprise d’ici. Deuxio, en moins de deux ans, elle s’est gavée pour près de 4 milliards de dollars en fonds publics.

C’est pourquoi se mêler de la manière dont Bombardier dispose de NOTRE argent ne reviendrait pas à mettre les «grosses pattes» du gouvernement dans ses affaires. Au contraire.

Parce que les contribuables casquent beaucoup et depuis longtemps pour Bombardier, se mêler de ses affaires, dont la rémunération de ses dirigeants, reviendrait en fait à se mêler de NOS affaires.

Pour ces deux raisons, se mêler de la manière dont Bombardier dispose de sa part généreuse du trésor public n’enverrait donc aucun «signal» négatif au «monde» entier. Tant s’en faut.

Guichet automatique

Sinon, force sera de constater que le gouvernement Couillard considère les contribuables québécois comme un gros guichet automatique servant entre autres à l’enrichissement personnel de certains grands patrons.

Autre sophisme: selon M. Couillard, «les critiques trop dures sur Bombardier font beaucoup plaisir à ses concurrents». Ah bon? Faudrait-il alors cesser de critiquer ses résultats mitigés? La mauvaise entente signée entre elle et le gouvernement Couillard? La rémunération indécente de ses dirigeants­­?

Non. Désolée. Les contribuables ont voix au chapitre et leur voix doit être portée par leur propre gouvernement. Le vrai problème est qu’il ne la comprend­­ pas.