/opinion/columnists
Navigation

Au cœur des ténèbres

Bachar el-Assad, président syrien.
Photo AFP Bachar el-Assad, président syrien.

Coup d'oeil sur cet article

Ce qui s’est passé en Syrie est épouvantable.

Des enfants tués par des armes chimiques au petit matin.

Les gens tombaient comme des mouches, dit-on. Ils s’écrasaient sur le sol, puis commençaient à trembler, de la mousse sortant de leur bouche.

Un homme a perdu 19 membres de sa famille, dont ses deux enfants et son épouse.

Après une première frappe, une mère a pu quitter sa maison avec ses quatre enfants vers un lieu sûr, mais ils ont tous été tués par un nouveau raid.

L’horreur.

APRÈS ASSAD ?

Tout porte à croire que c’est Bachar el-Assad lui-même qui a empoisonné ses concitoyens avec du gaz sarin (qui est 500 fois plus létal que du cyanure).

La population syrienne est prise dans un étau.

Face à tant d'inhumanité, nous devons agir en humains.

D’un côté, le régime sanguinaire d’Assad, prêt à tout pour garder le pouvoir. De l’autre, les rebelles. Et enfin, les fous de l’État islamique, qui rêvent de faire sauter la planète.

Une véritable poudrière

Et au centre de ce volcan, au cœur de cette sauvagerie, des gens qui veulent juste vivre leur vie. Paisiblement. Comme vous et moi.

Si le passé est garant de l’avenir, la tête d’Assad va probablement finir par rouler dans la poussière, comme celle de Hussein et celle de Kadhafi.

Les dictateurs finissent tous par tomber un jour ou l’autre, ils vivent sur du temps emprunté.

Mais après?

Pour paraphraser Churchill, se débarrasser d’un tyran n’est pas la fin. Ce n’est même pas le début de la fin. C’est juste la fin du début.

Après, il faut stabiliser le pays. Stopper les guerres entre les différentes factions ennemies. Faire régner l’ordre. Mettre sur pied un service de police digne de ce nom.

Instaurer un État de droit.

Bref, tout ce que l’Occident n’a pas réussi à faire en Irak.

Tout le monde peut entrer dans un pays et flinguer le fou qui le dirige. C’est la suite qui est difficile.

NE PAS FERMER LES YEUX

Je partage les craintes des gens devant l’afflux massif de réfugiés. On ne veut pas laisser entrer n’importe qui.

Mais vous avez vu les images de ce qui se passe là-bas?

Impossible de rester insensible devant un tel drame.

Nous devons faire notre devoir.

Savez-vous quelle est l’une des cibles préférées des troupes d’Assad (et des djihadistes)?

Les hôpitaux.

Selon une étude publiée dans un hebdomadaire scientifique britannique, le nombre d’attaques contre des établissements sanitaires en Syrie est passé de 91 en 2012 à 199 en 2016.

Un hôpital situé dans le centre du pays a été bombardé 33 fois depuis 2014, dont six depuis le début de 2017.

C’est un véritable carnage. Qui n’épargne personne.

Quand ce n’est pas votre président qui empoisonne vos enfants, ce sont les fous d’Allah qui violent votre femme et la vendent au marché, comme une bête.

MOINDRE MAL ?

Devant tant d’inhumanité, nous devons agir en humains.

Certains disent que nous n’avons pas le choix, que pour détruire l’État islamique, nous devons nous associer à Assad. Qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre.

Dites ça aux Polonais, qui étaient pris en étau entre la peste brune (les nazis) et la peste rouge (le totalitarisme soviétique).

Pas sûr qu’ils préféraient les goulags aux camps...