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Les frappes américaines redonnent espoir aux Syriens de Montréal

Même s’ils soutiennent les frappes américaines, ils doutent que cela mène leur pays vers la paix

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De nombreux Syriens de Montréal appuient les frappes de Donald Trump en Syrie, mais doutent qu’elles mettent fin rapidement au conflit qui détruit le pays depuis six ans.

Le directeur du Conseil syro-canadien, Faisal Alazem, dit qu’il a été surpris d’apprendre que les États-Unis de Trump avaient lancé des missiles sur une base aérienne contrôlée par le régime du dictateur syrien Bachar al-Assad.

«Je vois ça comme une étape positive. Cette carte blanche pour la violence avec Bachar al-Assad qui commande des raids d’avions pour jeter des bombes sur les populations civiles, c’est quelque chose qui doit arrêter», dit-il.

Une jeune Syrienne se fait soigner dans une clinique improvisée après avoir été blessée hier durant un raid aérien des forces du régime de Bachar al-Assad sur la ville rebelle de Douma, en périphérie de la capitale de la Syrie, Damas.
Photo AFP
Une jeune Syrienne se fait soigner dans une clinique improvisée après avoir été blessée hier durant un raid aérien des forces du régime de Bachar al-Assad sur la ville rebelle de Douma, en périphérie de la capitale de la Syrie, Damas.

Il ajoute que la majorité des Syriens qu’il connaît voient ces frappes comme un pas dans la bonne direction.

Il se pose quand même des questions sur les objectifs du président américain Donald Trump derrière cette attaque.

«Est-ce vraiment par empathie pour le peuple syrien ou si c’est un message à ses électeurs pour montrer qu’il n’est pas du côté de Poutine (le président russe)?»

« Ça ne va rien arrêter »

L’étudiante en sculpture, Rita Adib ne partage pas cet enthousiasme et ne voit pas comment d’autres bombardements pourraient mener vers la fin du conflit.

«Ça ne va rien arrêter du tout», dit la jeune femme arrivée à Montréal depuis deux ans et dont la tante, l’oncle et la grand-mère sont encore en Syrie.

Elle dit s’inquiéter en tout temps pour eux: «Ce n’est plus de la peur, c’est de la colère parce que le reste du monde ne fait rien.»

«Le conflit dure depuis six ans maintenant, et ce n’est pas une attaque des Américains qui changera quoi que ce soit. Des gens vont continuer à mourir tous les jours.»

Se rassembler

Le cofondateur de l’organisme La Maison de la Syrie, Youssef Shoufan, croit que les frappes américaines pourraient aider à débloquer la situation à long terme, mais constate à son grand regret que plusieurs Syriens ne s’entendent pas sur le sujet.

«C’est très varié, il y a autant de gens contents que de gens qui croient que c’est une agression. L’important, c’est de se rassembler autour de ce qu’on désire tous: le retour de la paix.»

Il ajoute qu’il est difficile de se faire une opinion sur le sujet puisque dans tous les cas, la situation est catastrophique.

Un père pleure la mort de son bébé d’un an survenue lors du bombardement de Douma.
Photo AFP
Un père pleure la mort de son bébé d’un an survenue lors du bombardement de Douma.

Depuis le début du conflit en Syrie, près de 500 000 personnes ont été tuées ou ont disparu.

Ce chiffre comprend plus de 96 000 civils, dont 17 400 enfants et 11 000 femmes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Environ 5 millions de Syriens ont aussi été déplacés en raison du conflit.