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Éducation sexuelle: La parole aux jeunes

happy young women faces with question marks
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Les discussions entourant le retour des cours ­d’éducation à la sexualité dans les écoles provoquent de nombreux débats. Mais qu’en pensent les jeunes? J’ai posé à 26 garçons et filles, âgés de 12 à 17 ans, la question suivante: souhaiteriez-vous que les cours d’éducation à la sexualité soient offerts dans votre école? Voici ce qu’ils ont répondu...

N., 12 ans

«Je pense que oui. C’est sûr que mon frère m’en parle des fois de la sexualité. Il a 19 ans et sa blonde et lui font l’amour quand les parents ne sont pas là. C’est déjà arrivé que je les entende; ça fait bizarre. C’est sûr que si on avait des cours à l’école, je pourrais poser des questions.»

V., 14 ans

«Moi, j’aimerais ça. Je sors avec un gars depuis la sixième année et là on serait rendus à se frencher, mais ça me stresse. On en a parlé lui et moi. Lui non plus, il n’a ­jamais fait ça, mais ça le stresse moins. Il ne veut pas que je m’en fasse puis il ne met pas de pression, mais je sens qu’il a le goût. J’ai plein de questions par rapport à ça. Je ne veux pas en parler à ma mère, elle ne comprendrait pas! Même qu’une fois, il s’est collé sur moi et j’ai senti son ­pénis, ça m’a fait tout bizarre. Est-ce que c’est parce que c’est un gars “cochon”? Je n’ai pas de frère, juste deux sœurs. Je ne sais pas trop comment ça marche, les gars!»

T., 14 ans

«Oui, je voudrais avoir des cours de sexualité à l’école, ça nous ­permettrait de poser des questions et d’en connaître plus à ce sujet-là. Même si on en entend parler des fois, ce n’est pas comme si on avait un professeur qui prenait son temps pour nous en parler au moins une fois par mois. Mais je n’aimerais pas ça que ce soit un prof qu’on a déjà, sinon on ne pourrait pas lui parler de tout, après ça il pourrait nous ­juger quand il nous revoit dans ses cours. J’aimerais mieux que ça soit une sexologue, genre. Toi, tu ­viendrais-tu à notre école?»

E., 14 ans

«Oui, j’aimerais vraiment ça. Mes amies me disent qu’elles font des choses aux gars, mais je ne suis pas certaine que c’est ­vraiment vrai. On dirait que je me sens gênée de dire que moi, je n’ai pas ­envie de faire ça.»

T., 15 ans

«Ça ne me ­dérangerait pas d’en avoir, mais je ne sais pas qu’est-ce qu’ils me diraient de plus.»

L., 14 ans

«Mon amie s’est fait violer quand elle avait 12 ans par son beau-père. On est best depuis la deuxième année du ­primaire et elle ne m’en avait pas parlé. C’est quand l’infirmière est venue dans la classe l’année passée pour parler d’intimidation et de consentement que ça fait “clic” et qu’elle a explosé. Elle pleurait ­tellement, pis moi aussi je braillais ma vie de la voir comme ça. Elle a été obligée de sortir de la classe. Elle est allée voir la ­psychologue de l’école pendant un bout à cause de ça. Je ne sais pas si un cours de sexe aurait changé quelque chose.»

M., 15 ans

«Au moins une fois pas semaine, ça serait bon. Les gars font des niaiseries et je suis certain qu’on ferait moins de niaiseries si on savait les vraies choses. J’ai déjà vu de la porno, c’est sûr que c’est excitant, mais je ne pense pas que ce soit la vraie vie.»

W., 16 ans

«Ça serait super important d’avoir des cours. Personne nous parle de ça sérieusement. Je ne veux surtout pas que mes parents m’en parlent, ­honnêtement. Je ne serais pas ­capable, qu’ils me disent des choses sexuelles! Moi, je pense que c’est à l’école qu’on devrait en parler, avec nos amis pis avec un prof spécialisé. C’est en secondaire 2 que j’aurais aimé en avoir des cours, j’ai eu une blonde pis je me sentais bien maladroit!»

P., 14 ans

«Oui, je trouve que ça serait ­important. Je ne comprends pas pourquoi on n’en a pas. Moi j’aimerais ça au moins une fois par ­semaine, c’est aussi important que les cours de gym.»

S., 16 ans

«La première fois que j’ai été menstruée, j’ai un peu capoté! Personne m’avait averti que ça s’en venait. C’est mon prof de français qui m’a envoyée à l’infirmerie. Donc je pense que des cours, ça m’aurait aidée­­ à ne pas paniquer!»

Le verdict

Tant d’autres commentaires ont été partagés! Les jeunes ont soif d’informations justes et pertinentes. Ils ont besoin de partager leurs émotions, de s’informer, d’être entendus dans leurs questionnements, leurs inquiétudes et d’avoir accès à de meilleurs outils pour se responsa­biliser. À quand le retour définitif dans les écoles de ­l’éducation sexuelle?