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La police fait exploser des appareils photo

Un plaisantin joue un mauvais tour à un photographe

Éric Beaupré
Photo collaboration spéciale, Éric Beaupré Des policiers ont fait exploser un colis suspect (par terre à gauche), vendredi au Journal L’Express, qui s’est avéré être le matériel d’un photographe de presse.

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DRUMMONDVILLE | Les démineurs de la Sûreté du Québec ont fait exploser deux appareils photo et quatre lentilles appartenant à un photographe de presse de Drummondville vendredi, croyant avoir affaire à un engin explosif.

«Selon les informations que nous possédions, il y avait possibilité que le colis représente un danger. C’est la procédure dans de tels cas. Après vérification, celui-ci ne présentait aucun explosif», a expliqué la porte-parole de la SQ, Ingrid Asselin.

Le photographe Éric Beaupré, dont le matériel avait été dérobé en début de semaine en plein palais de justice de Drummondville, était aux premières loges afin de voir ses effets personnels voler en éclat. Il a été avisé quelques instants avant la déflagration.

Des doutes

«Nous avions des doutes qu’il pouvait s’agir de mon matériel à cause d’une note laissée par celui qui avait placé le colis. Malgré ces informations, les policiers m’ont dit qu’ils n’avaient pas le choix de faire sauter la boîte, qu’ils étaient aussi tristes que moi», a affirmé le principal intéressé.

Ironiquement, la menace de colis suspect visait le Journal L’Express, un des seuls médias avec lequel M. Beaupré ne collabore pas.

L’hebdomadaire drummondvillois aurait reçu au moins une lettre de menaces plus tôt cette semaine en lien avec un article.

Dans les instants précédant la déflagration, les policiers de la SQ ont procédé à l’arrestation d’un homme dans la vingtaine en lien avec cette histoire. Au moment d’écrire ces lignes, il était toujours interrogé. Il pourrait entre autres être accusé de méfait public et de menace.

Une valeur sentimentale

Éric Beaupré a évalué à 6000 $ la valeur du colis détruit, il n’était assuré que pour environ la moitié de cette valeur. Au-delà des pertes financières, il s’est dit triste et choqué de ne pas pouvoir retrouver certaines pièces qui lui étaient chères.

«Il y avait mon tout premier boîtier. Mon sac aussi avait une histoire. Le karma s’acharne. Dans pas mal n’importe quelle autre circonstance, j’aurais pu retrouver mes biens. C’est fâchant, a-t-il ajouté. J’ai baissé ma garde pendant quatre minutes au palais de justice. Ce sont quatre minutes qui coûtent cher».