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«J’ai envie d’être un modèle»

«J’ai envie d’être un modèle»
Photo courtoisie

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Avec son folk teinté de blues «qui part de mes hanches» et ses ­chansons engagées dans lesquelles elle brandit ses convictions ­féministes, Samuele ne risque pas de passer inaperçue, elle qui lance un premier album complet, Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent, moins d’un an après avoir remporté les grands honneurs du Festival de la chanson de Granby.

Déjà, l’abrasif single La sortie tourne à la radio, même dans des stations ­commerciales, s’étonne Samuele.

Mais avant d’aller plus loin, petite pause pour répondre à une question qui chicote sûrement plusieurs lecteurs: qui est ­cette Samuele?

Fière résidente du quartier Hochelaga, auquel elle rend hommage avec la ­chanson Hochelaga, mon amour, Samuele est une maman monoparentale de 30 ans qui a lancé, en 2015, un album sur le web, intitulé Z’album, avant d’être remarquée aux Francouvertes et à Granby.

«J’ai eu mon premier band à 15 ans», rappelle celle qui a décidé il y a quelques années de tout miser sur la musique afin que sa carrière décolle.

«J’ai lâché mon travail pour m’y consacrer. J’étais rendue à un moment où si je voulais bien faire les choses, la musique devait être mon occupation principale.»

Un devoir de parler

Sur l’album, Samuele annonce ses ­couleurs avec Égalité de papier, une ­pièce au discours ­féministe affirmé.

«Les gens me parlent beaucoup de ce texte, confie-t-elle. À mes yeux, c’est un privilège et un devoir de partager ces choses-là, d’autant plus que j’ai une ­facilité à communiquer des idées. Ça ne me dérange pas d’être perçue comme une artiste féministe. De toute façon, je le suis. Ce n’est pas une insulte ni un ­problème. Au contraire, je pense que c’est inspirant de voir des femmes qui ­prennent leur place».

«Quand les gamines me disent qu’elles aiment ce que je fais, c’est là que ça prend tout son sens. Moi, j’ai grandi uniquement avec des modèles de gars. Dans les magazines de guitare, il y avait juste des gars. C’était dur de prendre ma place. ­Aujourd’hui, j’ai envie d’être un modèle, et c’est ce qui me pousse à faire carrière», ajoute Samuele.

« Le groove naturel »

Cela dit, Samuele ne semble pas être de celles qui se cassent la tête avec la vie. Quand on l’interroge sur l’origine du son folk et blues de ses chansons, elle répond que ça lui vient comme ça. «Un groove naturel qui part de mes hanches», dit-elle.

Idem pour sa carrière. Elle n’a pas de plans définis, préfère se laisser ­surprendre par le destin. «C’est quand tu t’y attends le moins que les choses sont le plus magiques. Je me sens simplement chanceuse que la musique soit mon ­travail.»


L’album Les filles sages vont au ­paradis, les autres vont où elles veulent est en vente depuis le 7 avril.

Samuele fera la première partie de Bernard Adamus, le 7 juillet, à la place d’Youville, dans le cadre du Festival d’été de Québec.