/opinion/columnists
Navigation

Le choc des droits

Le choc des droits
Photo SIMON CLARK

Coup d'oeil sur cet article

Ainsi, un homme accusé d’avoir égorgé sa conjointe en 2012 a été libéré à cause de l’arrêt Jordan.

Les accusés ont le droit de subir leur procès dans des délais raisonnables, affirme la loi. C’est un droit fondamental.

Mais qu’en est-il du droit des proches de la victime?

N’ont-ils pas le droit à la justice?

Et les citoyens n’ont-ils pas le droit de vivre en sécurité? N’ont-ils pas le droit d’être protégés?

Pourquoi les droits de l’accusé primeraient sur les autres droits?

TOUT ET N’IMPORTE QUOI

C’est le problème avec le culte des droits de la personne. Ils défendent tout et n’importe quoi.

Un enfant a le droit de recevoir une éducation qui lui permettra de fonctionner en société. Mais les parents de cet élève ont le droit de retirer leur enfant de tel ou tel cours, car les valeurs qu’on y enseigne vont à l’encontre de leurs croyances religieuses.

Quel droit prime? Celui de l’enfant ou celui des parents?

Le droit à l’éducation ou le droit au respect de sa religion?

Un commissaire de mariage civil refuse de marier deux homosexuels, car ça va à l’encontre de ses valeurs. Il veut qu’on respecte ses croyances religieuses.

Mais les gais allèguent qu’ils ont le droit de se marier, et que la décision du commissaire n’est ni plus ni moins qu’une discrimination sur la base de l’orientation sexuelle.

Qui a raison?

Idem pour un médecin qui refuse d’aider un de ses patients à mettre fin à ses jours sous prétexte que ça heurte ses valeurs.

Les femmes ont le droit d’être traitées en égales. Mais les religions ont le droit de traiter les femmes comme des citoyennes de second ordre et de pratiquer la ségrégation sexuelle.

Non seulement la pratiquer, mais l’encourager et l’enseigner!

On fait quoi?

On défend les femmes ou la religion?

Les valeurs de la société en général ou les valeurs d’un groupe spécifique?

DES FASCISTES !

Dans le cas de l’homme accusé d’avoir égorgé sa femme, on a décidé que les droits du présumé meurtrier priment sur les droits des citoyens et sur les droits des proches de la victime.

Pourquoi?

Pourquoi ses droits seraient plus importants que les nôtres?

Pourquoi un droit primerait sur un autre?

Tout cela est arbitraire...

La députée péquiste Véronique Hivon croit que le Québec devrait invoquer la clause dérogatoire afin de soustraire les tribunaux du Québec à l’arrêt Jordan, et ainsi s’assurer qu’aucun autre présumé meurtrier ne recouvre par magie sa liberté.

Vous imaginez le tollé que ça provoquerait dans le reste du pays?

«Le Québec refuse de respecter un droit fondamental! Non seulement les Québécois sont-ils corrompus à l’os et fondamentalement racistes, mais ils se foutent des droits et libertés? Bande de fascistes!»

LE PETIT CATÉCHISME

Comme l’a déjà dit le philosophe Alain Finkielkraut: «Les droits de l’homme sont la valeur cardinale de notre temps, l’alpha et l’oméga de la morale collective. Ils constituent le catéchisme d’un monde sans dieu.»

Et comme tout catéchisme, celui des droits de l’homme prône une doctrine qui est parfois difficile à comprendre et à digérer...