/investigations
Navigation

La colère monte contre un projet d’Hydro aux États-Unis

Une manifestation est prévue le 23 avril pour dénoncer la controversée ligne Northern Pass

​Le projet Northern Pass, qui vise à exporter les surplus énergétiques du Québec en Nouvelle-Angleterre, ne soulève pas seulement l’indignation au Québec, mais aussi au New Hampshire, où passerait la ligne haute tension. Le projet continue d’enflammer les réseaux sociaux, où s’opposent les contestataires et les défenseurs de la ligne.
Photo courtoisie ​Le projet Northern Pass, qui vise à exporter les surplus énergétiques du Québec en Nouvelle-Angleterre, ne soulève pas seulement l’indignation au Québec, mais aussi au New Hampshire, où passerait la ligne haute tension. Le projet continue d’enflammer les réseaux sociaux, où s’opposent les contestataires et les défenseurs de la ligne.

Coup d'oeil sur cet article

La grogne s’amplifie aux États-Unis depuis qu’Hydro-Québec a déclaré publiquement qu’elle n’allait pas payer un cent pour la construction de la ligne Northern Pass, un projet de 2,7 G$ pour faire transiter l’électricité du Québec en Nouvelle-Angleterre.

​Le projet Northern Pass, qui vise à exporter les surplus énergétiques du Québec en Nouvelle-Angleterre, ne soulève pas seulement l’indignation au Québec, mais aussi au New Hampshire, où passerait la ligne haute tension. Le projet continue d’enflammer les réseaux sociaux, où s’opposent les contestataires et les défenseurs de la ligne.
Photo courtoisie

Des citoyens américains ont d’ailleurs prévu entourer le Capitole de l’État du New Hampshire le 23 avril. La raison: «On a toujours dit au public qu’Hydro-Québec allait payer pour la construction. Maintenant, on nous dit que non», lit-on dans l’annonce de la manifestation.

La controverse a rejoint les réseaux sociaux et les médias américains. Plusieurs municipalités s’opposent à la construction.

​Le projet Northern Pass, qui vise à exporter les surplus énergétiques du Québec en Nouvelle-Angleterre, ne soulève pas seulement l’indignation au Québec, mais aussi au New Hampshire, où passerait la ligne haute tension. Le projet continue d’enflammer les réseaux sociaux, où s’opposent les contestataires et les défenseurs de la ligne.
Photo courtoisie

Le partenaire américain d’Hydro, Eversource, a publié une lettre ouverte dans un quotidien américain et publié des communiqués.

Le Bureau du procureur général du New Hampshire a même sommé Eversource de lui expliquer pourquoi Hydro ne payait plus.

Initialement, tout le projet devait être payé avec les revenus d’Hydro. Notre Bureau d’enquête a publié un reportage exposant que la Société d’État se retrouvait donc à payer un demi-milliard de dollars pour enfouir du côté américain, mais refusait de payer 70 M$ pour enfouir 18 km dans le secteur protégé du mont Hereford, en Estrie.

​Le projet Northern Pass, qui vise à exporter les surplus énergétiques du Québec en Nouvelle-Angleterre, ne soulève pas seulement l’indignation au Québec, mais aussi au New Hampshire, où passerait la ligne haute tension. Le projet continue d’enflammer les réseaux sociaux, où s’opposent les contestataires et les défenseurs de la ligne.
Photo courtoisie

Nouveaux plans

Hydro a toutefois changé d’idée et a déclaré, après notre reportage, qu’elle ne paierait finalement pas un cent pour le projet aux États-Unis puisqu’il y avait un nouveau montage financier.

C’est cette déclaration qui a mis le feu aux poudres de l’autre côté de la frontière.

Pour rentabiliser la Northern Pass, Hydro et Eversource espèrent remporter un important appel d’offres avec le Massachusetts.

Don Kreis, Bureau de défense
des consommateurs
Photo courtoisie
Don Kreis, Bureau de défense des consommateurs

La concurrence sera forte, surtout qu’un autre joueur majeur s’est ajouté, National Grid, qui a annoncé un projet de ligne similaire à 1,3 G$ pour décrocher le même contrat. Plusieurs entreprises tenteront de le gagner.

Si Hydro-Québec remporte le contrat, elle promet maintenant que ce serait les acheteurs d’électricité, au Massachusetts, qui paieraient les coûts de construction de la Northern Pass.

Avec le nouveau montage financier, les acheteurs devraient donc ajouter 2,7 G$ à la facture. Il serait ainsi plus difficile d’être concurrentiel, croit Don Kreis, chef du Bureau de défense des consommateurs du New Hampshire, une agence étatique. À moins de faire du dumping (vendre à perte), craint-il.

En entrevue, M. Kreis a dit croire que ce nouveau montage financier est «peut-être la lente agonie du projet Northern Pass».

«Ce n’est pas clair si Hydro-Québec et Eversource pourront gagner l’appel d’offres avec les aspects du projet qui sont en train de changer (à savoir qu’Hydro ne paiera plus). Le risque que ce ne soit pas rentable augmente.»

Les dirigeants d’Hydro-Québec pourraient devoir s’expliquer aujourd’hui, alors qu’ils sont attendus en commission parlementaire à Québec pour répondre aux constats du rapport automnal du Vérificateur général.