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«C’est plus difficile que par le passé»

Des fournisseurs de RONA sont sur le qui-vive

Un fournisseur soutient que Lowe’s a payé beaucoup trop cher pour mettre la main sur RONA l’an dernier. «Il y a quelqu’un qui devra payer cette note» , dit-il.
Photo d'archives Un fournisseur soutient que Lowe’s a payé beaucoup trop cher pour mettre la main sur RONA l’an dernier. «Il y a quelqu’un qui devra payer cette note» , dit-il.

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Plusieurs fournisseurs qui brassent des affaires avec le géant Lowe’s depuis l’achat de la chaîne RONA ont vu leurs ventes s’effriter. Le Journal s’est entretenu avec trois d’entre eux, qui ont requis l’anonymat.

«C’est plus difficile que par le passé. Pour notre part, on prévoit perdre d’importantes ventes dans les magasins RONA qui seront convertis sous la bannière Lowe’s, dans l’ouest du pays et en Ontario. On espère que ce sera temporaire», a fait savoir un fournisseur.

Ce dernier soutient que des décisions corporatives qui relèvent de la maison-mère américaine sont à l’origine de ces baisses de revenus.

«Je n’ai à rien à dire contre la direction de Lowe’s au Québec. Ils font tout pour nous soutenir et nous pousser à présenter nos produits dans la famille Lowe’s. Le problème semble venir de plus haut. Il y a des décisions administratives que l’on ne comprend pas et qui ne relèvent pas de l’équipe du Québec», a-t-il évoqué.

Un autre fournisseur soutient que Lowe’s a payé beaucoup trop cher pour mettre la main sur RONA l’an dernier.

«Ils ont payé un milliard $ de trop. Ils le savent. Quelque part, il y a quelqu’un qui devra payer cette note», a-t-il précisé, ajoutant que le mouvement de consolidation dans le secteur de la quincaillerie concentrait dorénavant le pouvoir décisionnel dans les mains de quelques gestionnaires.

Baisse des marges bénéficiaires

«On ne voit pas baisser nécessairement nos revenus, mais ce sont nos marges bénéficiaires qui sont affectées. On doit travailler plus fort pour gagner des contrats et notre marge de manœuvre est limitée», a-t-il dit.

Un autre fournisseur va plus loin. «Les gros fournisseurs ont de meilleurs pouvoirs de négociation auprès de ces grosses corporations. Mais je peux vous confirmer que la négociation, pour notre part, n’est pas une option.»

«Lorsqu’ils nous envoient une lettre pour nous parler de renégocier des ententes, on ne peut pas les ignorer. Ça peut sérieusement mettre en péril nos relations d’affaires», a reconnu notre fournisseur.

 

Des perdants et des gagnants chez les fournisseurs

  • 9,7 % ont vu une baisse de leurs ventes supérieure à 20 %
  • 19,3 % ont vu leurs revenus chuter entre 6 % et 10 %
  • 9,7 % ont vu leurs ventes progresser de 6 % à 10 %

Source : Sondage mené par l’AQMAT du 4 au 7 avril 2017 auprès de 180 membres, dont 33 répondants