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La pleine conscience au travail : pas que pour les hippies !

La pleine conscience au travail : pas que pour les hippies !
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Anne-Hélène Dupont – 37e AVENUE

 

Exit les mantras et le patchouli : la pleine conscience ou présence attentive (en anglais « mindfulness ») s’appuie aujourd’hui sur des recherches en neurosciences et en psychologie, et de grandes entreprises comme Google et General Mills l’enseignent à leurs employés. Bienfaits et mode d’emploi.

Certains y voient de nouveaux outils pour augmenter leur concentration et leur productivité. D’autres, des moyens de favoriser le mieux-être au travail et la santé psychologique.

Une chose est sûre : la méditation et la présence attentive n’ont jamais été aussi populaires. Qu’attendez-vous pour profiter à votre tour de leurs bienfaits ?

Le b.a.-ba de la présence attentive

« La présence attentive est un état d’esprit qui consiste à être attentif à ce qui se passe en dedans et en dehors de soi », explique Simon Grégoire, professeur de psychologie à l’UQAM et spécialiste de la présence attentive. Il s’agit donc de porter attention à ses pensées et à ses sensations, sans toutefois s’y accrocher, ni les juger.

Le moyen par excellence pour cultiver cet état d’esprit est la pratique quotidienne de la méditation, affirme Simon Grégoire.

Bien qu’elle soit issue du bouddhisme, la méditation s’enseigne aujourd’hui de façon complètement séculière, c’est-à-dire sans références spirituelles ou mystiques.

La présence attentive formelle et informelle : mode d’emploi

Le professeur de psychologie distingue la pratique formelle et la pratique informelle de la pleine conscience.

« La pratique formelle consiste à prendre 10 ou 15 minutes à la maison ou en début de journée de travail pour méditer », explique-t-il. S’asseoir confortablement, fermer les yeux et se concentrer sur sa respiration, en ramenant son attention à celle-ci chaque fois que la pensée s’égare.

Méditer n’équivaut donc pas à vider son esprit : « La méditation se situe dans ce va-et-vient entre les pensées et le souffle. Il s’agit d’aiguiser son attention pour reconnaître le moment où on est pris par ses pensées. »

Des applications pour téléphone intelligent existent et sont de bons outils pour s’initier à cette pratique, croit le professeur de psychologie. « Mais en cours de route, pour aller plus loin, les gens ressentiront probablement le besoin de s’inscrire à un groupe de méditation dirigé par un instructeur », précise-t-il.

Pour commencer, cependant, l’exercice de porter attention à nos émotions et à nos sensations peut s’appliquer à une foule de gestes et de tâches quotidiens. Noter les odeurs, les bruits et les détails visuels du trajet que l’on parcourt chaque matin entre la porte de l’édifice et son bureau, par exemple, ou encore observer les émotions et les pensées qui accompagnent la rédaction de courriels. Les mots-clés : être ici, maintenant.

Finalement, il faut se montrer indulgent envers soi-même, car s’entraîner à la présence attentive exige un travail de longue haleine. « Ce n’est pas une pilule magique, prévient Simon Grégoire. Il faut la pratiquer quotidiennement. Ce n’est que graduellement que ses bienfaits se feront sentir. »