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Le fisc aux trousses d’un ex-candidat libéral

Québec réclame 414 000 $ à Mark Bruneau, qui avait le penthouse le plus cher en ville

Candidat libéral aux élections fédérales de 2011, l’homme d’affaires Mark Bruneau se fait réclamer près d’un demi-million de dollars par le fisc québécois. Il possédait le penthouse le plus cher en ville, qu’il a vendu pour 4 M$ en 2014.
Photo d'archives Candidat libéral aux élections fédérales de 2011, l’homme d’affaires Mark Bruneau se fait réclamer près d’un demi-million de dollars par le fisc québécois. Il possédait le penthouse le plus cher en ville, qu’il a vendu pour 4 M$ en 2014.

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Un ancien candidat du Parti libéral du Canada qui a hébergé plusieurs activités de financement politique dans son luxueux condo du Vieux-Montréal se fait réclamer près d'un demi-million de dollars par le fisc.

Mark Bruneau doit 414 361,98 $ à Revenu Québec pour les années d’imposition 2008 à 2010.

Au cours des dernières années, M. Bruneau a souvent fait la manchette, notamment pour des soirées de financement au profit du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti libéral du Canada (PLC) qui ont eu lieu dans son condo du 1000, de la Commune Est, à Montréal.

Candidat libéral aux élections fédérales de 2011, l’homme d’affaires Mark Bruneau se fait réclamer près d’un demi-million de dollars par le fisc québécois. Il possédait le penthouse le plus cher en ville, qu’il a vendu pour 4 M$ en 2014.
Photo courtoisie

L’appartement penthouse, estimé à 6,2 M$ en 2011, avait été qualifié de plus cher à Montréal, dans un reportage de La Presse.

M. Bruneau l’a vendu en 2014 pour 4 millions $. Il s’est racheté une propriété sur la rue Saint-Jacques l’été dernier au coût de 1,8 million $.

En 2013, Radio-Canada rapportait que la Sûreté du Québec avait enquêté sur une soirée de financement du PLQ pour Jean-Marc Fournier, tenue chez M. Bruneau, puisque deux membres du crime organisé auraient été présents.

Pépins financiers

Contacté par notre Bureau d’enquête, le PLC a assuré ne plus avoir de liens avec M. Bruneau, mais n’a pu confirmer s’il avait été mis au courant de ses problèmes financiers en 2011.

De son côté, M. Bruneau a indiqué qu’il n’avait pas «à s’expliquer» et que des discussions étaient en cours avec Revenu Québec.

«L’État veut mon argent. Je leur en donne beaucoup. Je ne veux pas leur en donner plus qu’il n’en faut», a-t-il dit avant de raccrocher brusquement.

Depuis son départ de la vie politique, l’homme d’affaires a connu des pépins financiers.

Il s’est notamment fait réclamer de l’argent par la Ville de Montréal pour des taxes impayées (voir tableau).

Il avait fait fortune au début des années 2000 en vendant sa firme de consultation stratégique, Adventis, qui possédait des bureaux dans plusieurs villes à travers le monde.

L’ex-cadre de Bell Canada a investi depuis dans des entreprises, dont Solutions Génomia Genetix en 2016. Cette firme est spécialisée dans l’analyse de la santé grâce à l’ADN.

Montres non déclarées

Le chemin politique de Mark Bruneau a aussi été parsemé d’embûches.

Il a tenté sa chance à deux reprises avant d’être finalement candidat pour le PLC en 2011.

Différents médias ont rapporté qu’en 2009, il aurait même été délibérément écarté. Les autorités du parti auraient appris qu’il avait été reconnu coupable pour avoir omis de déclarer deux montres de valeur aux douanes en 2007.

Il avait obtenu une absolution inconditionnelle et avait versé 5000 $ à un organisme caritatif. Il a perdu l’élection dans Jeanne-Le Ber en 2011.

Des pépins financiers

Deux propriétés de Mark Bruneau ont fait l’objet de réclamations financières au cours des dernières années

1000, Rue de la Commune Est

  • Acheté pour 3,7 M$ en 2006
  • 2010: Le syndicat des copropriétaires de l’immeuble inscrit une hypothèque légale de 90 000$ sur le condo de M. Bruneau pour s’assurer du paiement de frais de condo.
  • 2010: Le syndicat prévient M. Bruneau que sa propriété pourrait être vendue si 70 000$ en frais de condo ne sont pas payés. Les hypothèques sont radiées 5 mois plus tard.
  • 2011: La Ville de Montréal réclame 5 460,32$ à M. Bruno pour le paiement de taxes foncières.
  • 2012: La Ville de Montréal réclame 35 725,03$ en taxes foncières impayées.
  • 2014: M. Bruneau vend le condo pour 4 millions $.

275, Rue saint-jacques

  • Acheté pour 1 899 000$ le 1er août 2016
  • Avril 2017: Revenu Québec inscrit une hypothèque légale d’une valeur de 414 361,98$ sur le condo.