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L’échec féministe

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Si le féminisme a fait avancer l’égalité hommes-femmes à bien des égards, il a échoué dans sa lutte contre la violence faite aux femmes, en hausse de 10 % depuis 2008.

Depuis quelques semaines, six Québécoises de 15 à 70 ans ont été tuées par un homme qu’elles connaissaient. La moyenne canadienne, c’est une femme par semai­ne.

Même si elles ont grandi dans un Québec façonné par le féminisme, les femmes de moins de 30 ans seraient trois fois plus nombreuses à se tourner vers les maisons d’hébergement qu’il y a 10 ans, selon La Presse.

Retour à la case zéro.

J’ai longuement interrogé la photo de Daphné Huard-Boudreault, 18 ans, tuée par son ex qui la terrorisait depuis longtemps, selon ses amies: «Pourquoi vivre avec un homme violent à 18 ans? A-t-on tout fait pour te sortir de cet enfer?»

Victime un jour ou toujours ?

Les féministes ont milité pour qu’on arrête de blâmer les victimes de violence conjugale. «Elle m’énervait» n’est plus une défense. Mais cette approche a-t-elle enfermé les femmes dans un rôle de victimes à ce point passives qu’elles n’osent pas se prendre en mains?

Qu’y a-t-il de mal à leur dire, à leur répéter, qu’elles ont la responsabilité de se protéger ainsi que leurs enfants, souvent des victimes collatérales? Qu’il ne tiendra pas ses promesses? Qu’il ne changera jamais?

Et surtout ne pas attendre que la situation dégénère à un point tel qu’il est plus dangereux de partir que de rester.

«Non, il ne faut pas les encourager à partir. En fin de compte, c’est leur choix», m’a dit une travailleuse socia­le en maison d’hébergement.

Troublant.

C’est en amont qu’il faut agir. Parents, c’est votre responsabilité de parler à vos filles et à vos garçons d’amour, de sexualité, de violence intime. De grâce, n’attendez pas que l’école le fasse à votre place.