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Financement de la légalisation du pot : Québec déplore la réponse «risible» d’Ottawa

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois
Photo d'archives, Simon Clark La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois

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Le gouvernement Couillard qualifie de «risible» le peu de moyens financiers mis à sa disposition par Ottawa pour faire face aux impacts de la légalisation de la marijuana.

En effet, la ministre de la Santé fédérale, Jane Philpott, s’en remet aux montants récemment octroyés aux provinces. «On vient de donner aux provinces cinq milliards de dollars pour la santé mentale et aussi plus de 100 millions de dollars pour la Stratégie canadienne au sujet des drogues et des substances», a-t-elle affirmé jeudi en conférence de presse à Ottawa.

Mais ces sommes sont déjà allouées à d’autres besoins, plaide Québec. «Honnêtement, la réponse m'a paru un peu risible parce qu'on nous a parlé des transferts fédéraux en santé déjà existants», a répliqué la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

Comme toutes les provinces, Québec devra revoir la formation des policiers, réviser le Code de la sécurité routière, faire des campagnes de prévention auprès des jeunes, évaluer les impacts sur le milieu de travail, a énuméré la ministre.

Le gouvernement Couillard adoptera d’ailleurs une loi-cadre qui englobera l’ensemble des modifications réglementaires qui découleront de la légalisation de la marijuana.  

La rédaction de cet important projet de loi, qui impliquera 13 ministères, nécessitera d’importantes ressources du gouvernement. «C'est évident que ça vient faire de l'interférence dans ce qu'on a, nous autres, déjà sur la table, convient la ministre. [...] C'est évident que ça l'a un impact sur notre calendrier à nous.»

Québec est-il prêt?

Du côté de l’opposition, le PQ a déploré l’absence de consultation du fédéral auprès des provinces. «Cette décision-là, elle est prise à Ottawa, mais les conséquences vont être essentiellement dans la cour du Québec, du gouvernement du Québec et de nos autorités», a souligné son porte-parole en matière de saines habitudes de vie, Sylvain Pagé.

La CAQ, elle, s’étonne de voir que le gouvernement vient tout juste de créer un comité interministériel, alors que la promesse de Justin Trudeau est connue depuis 2015. «Il n’a pas été proactif dans le dossier, estime son porte-parole en matière de justice, Simon Jolin-Barrette. Ça faisait des mois, voire plus d’une année, que le gouvernement Trudeau avait annoncé son intention légaliser et actuellement il n’y a pas grand-chose qui a été fait.»