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Los Angeles un centre-ville en pleine renaissance

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Jadis sinistre et ­désert, le quartier de Downtown Los Angeles, centre administratif et ­culturel historique de la métropole californienne, fait l’objet d’une ­spectaculaire revitalisation urbaine.

Lofts, hôtels, galeries, restaurants tous plus fastueux et branchés les uns que les autres, s’installent dans des ­immeubles de bureaux restés longtemps semi-vacants et dans de nouveaux ­buildings rutilants.

Les anciens théâtres et cinémas Art Deco de Broadway, réhabilités, retrouvent leur splendeur passée, faisant de «DTLA» le quartier le plus couru de la deuxième ville américaine et détrônant Beverly Hills ou West Hollywood.

«Quand j’ai grandi, Downtown était comme une ville fantôme, décrépite, un endroit où on ne s’arrêtait pas», se souvient Brigham Yen, 35 ans, agent immobilier qui chronique cette renaissance dans son blog, «Downtown LA Rising».

«Ces 10 dernières années et parti­cu­lièrement depuis 2013, il y a eu un virage, c’est comme si se créait ici une ville dans la ville.»

Un tournant

Ces dernières années, les étoiles se sont finalement alignées. L’installation, en 2014, du chic Ace Hôtel dans un ex-­bâtiment gothique du studio United ­Artists, puis l’ouverture du musée Broad ont consacré le quartier comme destination en vogue.

«Au moment où nous avons démarré l’effort de (revitalisation), il y avait 18 000 résidents au centre-ville», ­remarque Carol Schatz, directrice de l’Association du centre-ville. ­«Maintenant il y en a environ 69 000».

D’après elle, depuis l’année 2000, 30 milliards $ ont été injectés dans le ­quartier, une dynamique qui lui semble «impossible à arrêter». Des projets ­immobiliers pharaoniques sont en train de pousser sur d’anciens parkings, ­métamorphosant le paysage de la ville.

La zone, surnommée «Art District», est sans aucun doute celle où le boom est le plus impressionnant à l’heure actuelle.

Évolution luxueuse

De mois en mois, les entrepôts cèdent la place aux boutiques, cafés et glaciers hors de prix ou galeries flamboyantes.

La très snob Soho House devrait s’y installer et Warner Music Group prévoit y déménager depuis la banlieue de ­Burbank pour ouvrir de nouveaux ­bureaux dans une ancienne usine Ford.

«Je suis là depuis trois ans et ces 12 derniers mois, le changement a été drastique», observe Victor Go, gérant de la boutique de décoration et accessoires Poketo. «Les projets et les entreprises qui arrivent sont de plus en plus gros».

Si cette mutation est bonne pour les ­affaires, elle a aussi mis fin à l’ère des entrepôts et des logements aux loyers ­dérisoires qui avaient initialement attiré beaucoup d’artistes.

«Le changement est super pour les ­privilégiés (...), moins pour ceux qui ­habitaient là avant», remarque Victor Go.

L’évolution luxueuse du quartier rend aussi plus visible Skid Row, un périmètre de cinquante pâtés de maisons longtemps loin des regards, où vit la plus forte concentration de SDF du pays, en plein milieu de Downtown.

Brigham Yen reconnaît que le ­contras­te entre l’opulence des nouveaux bars du quartier et l’extrême pauvreté des milliers de sans-abri à Skid Row est choquant, mais que la responsabilité en revient aux autorités municipales qui, pendant des décennies, n’ont pas su ­régler le problème.

«Avant que les gens s’installent à ­Downtown, personne ne s’intéressait aux SDF», dénonce-t-il.

D’après Carol Shatz, certains investisseurs ont été rebutés par le problème des sans-abri, mais la vaste majorité ­d’entre eux reconnaît les efforts de la municipalité pour faire bâtir de nouveaux centres d’hébergement et logements à loyers abordables.

Pour elle, le succès «extraordinaire» de la revitalisation de Downtown est ­source de «fierté» pour les habitants de la ville: «Notre ville a finalement un centre florissant.»