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Art public exemplaire

Cuba

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Cuba me rappelle parfois la Yougoslavie communiste sous Tito. Contrairement aux autres pays communistes, où tout était triste et austère, laid et peu inspirant – pensons au «réalisme socialiste» ­soviétique... –, ce pays se ­distinguait par la beauté de ses œuvres.

Bien sûr, la Yougoslavie est ­tombée et s’est entre-déchirée dans une guerre civi­le, mais c’était le seul pays communiste où les femmes s’habillaient chic. Le ­camarade Tito se faisait ­surnommer le «de Gaulle de l’Est».

À Cuba, c’est différent: ici, c’est la latinité qui s’exprime. Il suffit de voir les enfants s’égosiller dans les rues et les couples s’embrasser langoureusement devant la mer pour se rendre compte qu’on est loin de la Corée du Nord!

Mais ce qui a de quoi nous donner des complexes, à nous Québécois, c’est la qualité exceptionnelle de l’art public.

Chez nous, on croit «moderne» de créer des horreurs, souvent ­abstraites, et au fond sans intérêt, tel ce faux monument à de Gaulle – un pic de granit – devant l’Hôpital Notre-Dame. Chose étonnante, ­même si La Havane tombe souvent en ruine à force de négligence, ce dont je vous parlais il y a deux ­semaines, ses œuvres d’art public sont souvent merveilleuses.

Au moins, on peut se consoler, à Montréal, de savoir qu’enfin le pont Jacques-Cartier est illuminé! C’est quelque chose que j’avais ­réclamé en ondes dès 1992, à ­l’occasion du 350e anniversaire de Montréal.