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Le CH sauvé par le mal-aimé

SPO-HOCKEY-RANGERS- CANADIENS
photo ben pelosse Tomas Plekanec est fiable, il est vaillant et il joue de façon ­responsable.

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Ça, c’est un vrai match de hockey. Et la fièvre des séries vient de faire sauter le thermomètre. C’est parti mon kiki.

Même que Dave Morissette a trouvé un complet chanceux qui a fait gagner le Canadien. Comme je passe ma vie vêtu d’un pantalon d’entraînement et d’une veste de laine Harley, je ne ­critiquerai certainement pas les goûts vestimentaires de mon costaud ­collègue.

Même que c’est plus beau qu’il ne le croit. On dirait une belle talle de bleuets mangée par les fourmis. Si vous n’êtes jamais «allé aux bleuets» au Lac-Saint-Jean, vous ne pouvez ­saisir la poésie de cette description.

Il y a quand même une douce ironie à voir le mal-aimé des mal-aimés ­marquer le but qui a peut-être épargné une élimination rapide au Canadien. Que faisait donc Tomas Plekanec sur la glace avec 20 secondes à jouer en temps régulier? Que faisait-il en fait devant le filet d’Henrik Lundqvist alors que tous les commentateurs à la radio et à la télévision s’acharnent sur lui depuis deux ans?

Sans parler des fefans qui le traitent de col roulé, de mauvais plombier, de surpayé, de sans talent et j’en passe.

Apprécié des coachs

Michel Therrien aimait Plekanec. Claude Julien l’aime. Et Marc ­Bergevin doit l’aimer pour lui consentir un salaire de 6,5 $ millions par saison. Y a pas un détracteur de Plekanec qui s’est déjà demandé comment il se faisait que des coachs qui connaissent leur travail et leur game continuent à faire confiance à Plekanec? Pourquoi Plekanec est-il choisi comme capitaine par l’équipe nationale tchèque dans les grands tournois internationaux?

Pourquoi, match après match, a-t-il son temps de jeu? Pourquoi est-il employé dans les moments cruciaux par ses entraîneurs alors qu’il a visiblement ralenti sur la patinoire et qu’il n’a marqué que 10 buts cette saison?

La réponse, vous la connaissez même si vous ne voulez pas la donner. Parce qu’il est fiable. Parce qu’il sait jouer au hockey. Parce qu’il est vaillant et qu’il joue de façon responsable. Il lui arrive de perdre des rondelles ou de causer des revirements, c’est évident. Parce qu’il gagne 6 millions et qu’on lui a demandé trop longtemps de ­remplir le poste de premier joueur de centre de l’équipe, on repasse en ­boucle ses erreurs. Mon Dieu que c’est donc terrible! Ça gagne 6 millions et ça perd la rondelle! Au gibet, échangez-moi ce pourri!

J’étais content pour lui vendredi. ­Encore plus quand le Canadien a ­finalement remporté le match qu’il avait sauvé à la toute fin du temps ­réglementaire.

Surtout que Marc Bergevin doit prendre des notes pour le prochain contrat du beau col roulé.

L’Impact a paniqué

J’aurais avalé la suspension de ­Wandrille Lefèvre, de l’Impact, pour avoir mis sur son compte Instagram une photo où il tient un pistolet à air comprimé. La photo a été prise dans un centre d’amusement et on note qu’il ne tient pas un vrai pistolet. La note se veut humoristique, mais il ne fait que dire que depuis l’élection de Trump, on ne sait jamais.

Que la direction de l’Impact soit frileuse et peureuse, je peux vivre avec. Mais d’entendre mon ami Richard ­Legendre en beurrer une autre couche l’autre matin à la radio, là je me dis que trop, c’est trop. Richard a déjà été pas mal moins peureux dans la vie. Il a même déjà lunché avec Denis Coderre quand les deux étaient ministres. Et ils ont eu du fun!

L’Impact a paniqué parce qu’on ­craignait d’avoir des problèmes avec les douaniers américains. Sont vraiment pas drôles depuis novembre. Pensez-vous que Joey Saputo a eu peur pour l’image de son organisation? Pantoute. Il a eu peur des douaniers.

Se faire photographier avec un ­pistolet à air comprimé, c’est comme faire une blague sur une bombe cachée dans ses souliers à l’aéroport. C’est dangereux.

Ou alors, Joey a eu peur qu’un des sièges de l’Impact dans un vol ­commercial américain soit survendu!

Là, ç’aurait été vraiment dangereux. Il aurait pu se faire battre.

L’homme de l'eau

Les années ont passé et Régent ­Lacoursière est tombé dans un relatif anonymat. Il est maintenant plus connu pour avoir inventé et enseigné une méthode qui permet aux bébés de nager alors qu’ils n’ont même pas un an.

Mais il fut une très grande vedette de la nage longue distance dont les ­exploits enflammaient l’imagination des Canadiens d’un océan à l’autre. Ailleurs dans le monde, en Égypte ou en Hollande, il était une véritable star. Il fut un des premiers à réussir la traversée du lac Saint-Jean, il s’est tapé la Manche et a participé à une foule de marathons partout sur la planète.

Aujourd’hui, il est âgé de plus de 80 ans et affiche une forme insolente. L’eau conserve, il en est la preuve. Il vient de lancer son autobiographie qui est signé par Régent et Mary ­Lacoursière. Malheureusement, son épouse est décédée avant le lancement officiel du livre. Mon confrère Roland Mailhot reste discret sur le sujet, mais je le soupçonne d’avoir écrit le livre et d’avoir cédé toute la place à ­Lacoursière.

Ça se lit comme un roman d’aventures... et des aventures, il y en a eu. J’aurais aimé en connaître davantage sur l’élaboration de sa méthode ­d’enseignement de la natation pour les bébés, mais c’est un bémol qui n’enlève rien au plaisir...

Alvarez : c’est demain

C’est demain qu’Eleider Alvarez ­rencontre Yvon Michel, Marc Ramsay et Stéphane Lépine. Je l’ai appelé ­Stéphane Labrie hier... je devais être trop excité par le match du Canadien, et on devrait enfin savoir ce qui va se passer le 3 juin au soir.