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Mon catholicisme

Mon catholicisme
Photo AFP

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Ainsi, selon Jean-François Lisée, Noël et Pâques ne seraient pas des fêtes religieuses.

Les autres religions ont des fêtes religieuses, mais pas la religion catholique.

Noël ne célèbre pas la naissance de Jésus et Pâques ne célèbre pas sa résurrection.

Ben coudonc!

Et les églises catholiques ne sont pas des établissements religieux, j’imagine?

Essayez de dire aux Juifs que le Roch Hacha­na n’est pas une fête religieu­se, vous m’en donnerez des nouvelles...

Je ne suis pas croyant.

Mais dire que Noël n’est pas une fête religieuse, c’est comme dire que le Vatican n’est qu’une destination touristique au même titre que Disney World.

Ou que l’oratoire Saint-Joseph n’est qu’un entrepôt de béquilles...

C’est bien beau de reconnaître les autres religions. Mais faut-il effacer la religion catholique pour leur faire de la place?

Et puis, comme je l’ai déjà écrit dans ces pages il y a quelques années, ce n’est pas parce que je ne crois pas en Dieu que je ne suis pas catholique.

Le catholicisme, pour moi, n’est pas qu’un système de croyances. C’est une culture.

Culturellement, je ne suis pas bouddhiste, juif ou musulman: je suis catho­lique. Jusqu’au bout des ongles.

L’histoire de Jésus me parle, m’émeut, me touche.

Même si je ne crois pas que c’était le fils de Dieu et même si j’ai de sérieux doutes quant à son existence (comme plusieurs historiens), je trouve que Jésus est une figure mythologique extraor­dinaire.

UN RÉVOLUTIONNAIRE

Je ne sais pas combien de fois j’ai vu L’Évangile selon saint Mathieu de Pier Paolo Pasolini — le plus grand film religieux jamais réalisé, à mon avis.

Pasolini — qui était un homosexuel marxiste-léniniste, rappelons-le — a choisi saint Mathieu parce que c’était le plus «terre à terre» de tous les évangélistes.

Son Jésus (joué par un étudiant espa­gnol de 19 ans qui est devenu un spécialiste des échecs informatiques) est un homme du peuple.

En révolte contre les figures d’autorité, qu’il trouve hypocrites et corrompues, il prône le partage, la charité, la compassion, le pardon (des valeurs qui étaient révolutionnaires à l’époque).

Contrairement aux superhéros d’aujourd’hui, il connaît la peur. Il tremble comme une feuille et est saisi d’une immense angoisse lorsqu’il voit sa fin approcher.

Pourtant, il ne flanche pas et va au bout de son destin...

Cette histoire, cette légende, je n’ai aucun problème à la raconter à mon fils. Elle est belle, lyrique, déchirante, et riche en leçons de vie...

C’est quand même plus fort que Le Petit Prince ou Le prophète de Khalil Gibran!

L’ESPOIR

Je suis allé en Israël il y a quelques années.

Je me suis promené dans le Jardin des Oliviers, j’ai vu l’endroit où, dit-on, Jésus aurait été crucifié.

Tu as beau ne pas être croyant, ta

fibre catholique vibre.

C’est ta culture! Ce sont les histoi­res qu’on t’a racontées quand tu étais jeune!

C’est un des piliers, sinon LE pilier principal de la culture occidentale! Son cœur, son berceau!

Alors aujourd’hui, quoi qu’en disent certains, on ne célèbre pas la fête de Cadbury.

Pâques est une fête catholique.

Comme catholique non croyant, c’est la fête du renouveau, de l’espoir et de la foi (dans le sens d’espérance) dans un monde meilleur.

Joyeuses Pâques!