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Tenons-nous ici l’album de l’année?

Cette semaine en critiques: Damien Robitaille, - M -, Co/ntry, Samuele et Mount Eerie!

Tenons-nous ici l’album de l’année?

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Tenons-nous ici l’album de l’année?
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Mount Eerie - A Crow Looked At Me

★★★★★

Désolé d’être en retard à la parade.

J’étais, j’imagine, toujours sur les fesses après avoir écouté abusivement A Crow Looked At Me, le ­huitième album de Mount Eerie – nom de plume du touche-à-tout folk américain Phil Elverum – inspiré par le décès de son épouse, l’artiste québécoise Geneviève Castrée.

Retour en arrière...

En 2015, une grenade éclatait chez les Elverum. Tout juste après avoir accouché de sa fille, Geneviève Castrée apprenait qu’elle souffrait d’un cancer.

En juin 2016, le couple habituellement discret faisait les manchettes en dévoilant une campagne de sociofinancement pour subvenir aux besoins de la famille affectée par la terrible ­maladie.

Puis, le mois suivant, l’artiste était emportée par ce damné crabe.

Avance rapide jusqu’en janvier 2017 lorsque Phil Elverum refait surface pour annoncer un album à venir, œuvre qui a finalement été lancée en mars. Et quel disque!

Puis maintenant...

Dès Real Death, la pièce introduisant le LP, Elverum plonge dans le vif du sujet: la mort de son épouse. Bien que Mount Eerie abondait ­déjà dans la chanson hyper ­personnelle sur fond de mélodies minimalistes, Elverum pousse l’exercice jusqu’à son paroxysme.

Au diable la métaphore et les couches sonores sur cette nouvelle offrande! Ici, Elverum triture son deuil et, surtout, son amour dans une intimité désarmante. On en vient à se sentir de trop tant ses compositions semblent être, en fait, des monologues accompagnés à la guitare pour meubler le ­silence dans la maisonnée.

Au risque de s’emporter

A Crow Looked At Me transcende le disque. C’est une expérience dont on ne sort pas indemne. Sûrement l’album de l’année.


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Damien Robitaille - Univers parallèle

★★★

Cinq ans après Omniprésent, son délire «comico-latin», Damien Robitaille ­refait surface avec une œuvre aussi pop que sérieuse (oui, oui).

Celles et ceux qui espéraient un autre album ponctué de jeux de mots, vous ­risquez d’être déçus.

Idem pour ses fans appréciant son rôle de trublion local, d’ailleurs.

Ainsi, bien qu’il signe des textes plus introspectifs, Robitaille couche également des musiques bien foutues, souvent d’inspiration soul même, mais où sa fameuse touche personnelle se fait aujourd’hui moins sentir.


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– M –, Toumani & Sidiki Diabaté — Lamomali

★★★

Matthieu Chédid enfile à nouveau sa tenue excentrique de M, le temps d’un projet en dents de scie, mais tout de même intéressant.

Accompagnant le griot Toumani Diabaté, son fils ­Sidiki ainsi que leurs invités (dont ­Oxmo Puccino et Santigold), le trio propose un album où la pop aux ­accents funk se marie à la musique ­traditionnelle malienne.

Quand ça lève (Solidarité et Bal de Bamako, ­notamment), c’est génial. Pour le reste, c’est plus sympathique qu’enlevant.


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Co/ntry - Cell Phone 1

★★★ ½

Véritable sensation montréalaise, Co/ntry risque d’être plus que l’apanage de la gent branchée avec Cell Phone 1, son second album et énigme en soi.

Ainsi, bien que le duo s’étiquette comme un projet post-punk électro, celui-ci a ­davantage d’atomes crochus avec les parrains du genre – Joy Division (sur Cash Out notamment) –, mais aussi avec des contemporains plus rock à la Suuns.

À souligner également: la ­réalisation chaude et organique, un fait d’armes rare dans ce sillon.

Disque ­exigeant, mais qui gagne beaucoup au fil des écoutes.


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Coup de coeur : Samuele - Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

★★★★

Décidément, Samuele n’en finit plus d’étonner.

Après avoir obtenu le grand prix de l’édition 2016 du Festival international de la chanson de Granby, l’auteure-compositrice-interprète montréalaise ­propose un premier disque qui plaira autant aux fans du rock pop de Salomé Leclerc que des ballades de Safia Nolin (sans toutefois singer l’une ou l’autre).

Seule ombre: la pièce d’ouverture qui, malgré un ­discours engagé aussi juste qu’acéré, est déclamée en slam, ma kryptonite musicale. Bref, au-delà de ce frein bien personnel, Samuele va déjà loin dès son premier album.