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Une ligue sans spectacle

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Photo d’archives, AFP Les Maple Leafs s’étaient forgé une avance de 2-0 contre les Capitals et ont tenté de protéger leur avance lors du premier match de la série. La bande à Ovechkin a finalement eu le dessus.

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La première ronde des séries est toujours excitante. Toutefois, un constat s’impose: il ne se marque plus de buts et la Ligue nationale de hockey est devenue une ligue où la défensive règne.

On aime parler de la LNH de nos jours comme de la «nouvelle» Ligue nationale. Pas certain que c’est positif.

La majorité des matchs en séries ont été à bas pointage jusqu’à présent. Ces rencontres ont été le théâtre de spectacles défensifs, causés par des systèmes bâtis sur mesure non pour marquer des buts, mais pour empêcher l’adversaire de le faire. Résultat: des pointages de 3-2, 2-1 ou même 1-0.

C’est dommage, mais à quelques exceptions près, les équipes pratiquent toutes le même style de jeu: un échec avant à un seul joueur si l’équipe n’a pas de chance de récupérer le disque, par la suite, on ferme le centre et on se replie à cinq pour bloquer l’enclave en zone défensive. Il est de plus en plus difficile d’obtenir de réelles chances de marquer de l’enclave.

Dans mon rôle d’analyste à TVA Sports, il m’arrive souvent de retenir des séquences où l’on voit sept, huit ou même neuf patineurs dans l’enclave. Et il semble que tous les joueurs soient conditionnés à ce genre de style de jeu.

PROTÉGER UNE AVANCE

Je n’apprendrai rien à personne en affirmant que les Oilers d’Edmonton et les Maple Leafs de Toronto comptent sur des attaques pouvant faire des ravages. Pourtant, ces deux formations, après avoir pris les devants 2-0 dans leurs premiers matchs respectifs, ont tenté de protéger leur avance. Résultat: elles se sont toutes les deux inclinées 3-2 en prolongation.

Et je ne suis pas en train d’insinuer que les entraîneurs de ces deux équipes, Todd McLellan et Mike Babcock, ont délibérément demandé à leurs joueurs de se replier. Même que ce ne fut probablement pas le cas.

Par contre, je pense que cette mentalité défensive qui a pris d’assaut la LNH est maintenant incrustée dans la tête des joueurs.

Et ce, au grand malheur des amateurs.

DES SOLUTIONS?

Il existe très certainement des solutions pour qu’au terme d’une saison, on compte au moins un marqueur de 50 buts et plus d’un marqueur de 100 points.

On doit trouver un moyen pour qu’il y ait plus de coups de circuit au hockey, car, en ce moment, on a l’impression que tout ce qui se passe, c’est qu’on recule les clôtures de quelques mètres année après année.

Et ça me déçoit d’entendre les recommandations des directeurs généraux après leurs rencontres.

Une mise au jeu entre les deux cercles, devant le but adverse? C’est tout ce qu’ont pu trouver 31 directeurs généraux réunis pendant des heures?

Les amateurs se foutent des joueurs qui bloquent des lancers ou terminent leurs mises en échec. Ils paient leur billet pour une seule chose: voir les meilleurs au monde à l’œuvre.

Pourquoi ne pas leur permettre de se faire valoir davantage?

— Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie

LE VENDREDI SAINT

Habituellement, j’utilise cette rubrique pour traiter de trois sujets différents. Aujourd’hui, je ferai exception, car celui que je vais aborder me tient à cœur. Le 20 avril, ça fera 33 ans qu’a eu lieu la bataille du Vendredi saint. Chaque année, on revoit des images de cet événement historique et je ne peux m’empêcher de revivre cet épisode marquant. Car j’y étais, et je suis choqué d’entendre, année après année, des gens commenter ou raconter des histoires complètement fausses à ce sujet. La rivalité avec le Canadien montait depuis qu’on les avait battus lors des séries de 1982. À cette époque, la tension était à son comble et il semblait inévitable que ça éclate. Une rivalité comme celle-là, jamais on ne reverra ça dans le sport. Je me rappelle qu’avant ce fameux sixième match, la tension était à son comble.

SI C’ÉTAIT À REFAIRE

Je ne veux pas blâmer les officiels chargés de ce match pour les incidents survenus. Après la deuxième période, je m’étais dirigé vers le bureau des arbitres pour savoir quels joueurs avaient été expulsés. Plusieurs membres de la direction de la LNH étaient présents et on n’avait pas voulu me répondre, me demandant seulement de renvoyer mes joueurs sur la patinoire pour la troisième période. Si c’était à recommencer, j’aurais refusé. Car dès qu’on a commencé à annoncer les joueurs punis avant que la troisième ne débute, ç’a éclaté de nouveau. Richard Sévigny s’est rué sur Dale Hunter dès qu’il a su qu’il faisait partie des joueurs expulsés et c’est à ce moment que la bagarre a recommencé. Finalement, j’ai perdu Peter Stastny et Hunter, deux de mes meilleurs éléments. Avec ces deux joueurs en uniforme, on avait une meilleure équipe que le Tricolore.

SLEIGHER ET HAMEL

Et l’image qui revient le plus souvent, c’est le fameux coup de poing de Louis Sleigher au visage de Jean Hamel. Peu de gens s’en souviennent, mais Hamel avait joué pour les Nordiques la saison d’avant et il avait été le coéquipier de Sleigher. Il n’y avait aucune animosité entre les deux. Je sais d’ailleurs que Louis s’en veut toujours pour ce coup tristement historique.