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La Russie avec le sourire

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photo d’archives Après avoir porté l’uniforme de quatre équipes de la LNH, dont celui des Bruins de ­Boston, Maxime Talbot a fait le saut dans la KHL avec le ­Lokomotiv de Yaroslavl.

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Maxime Talbot retournera en ­Russie. Du moins, pour une ­autre saison.

Mais dans son for intérieur, il avait d’autres idées avant de se lancer dans cette aventure. Il y a deux ans, il ­caressait un projet qui lui aurait permis de réaliser un rêve. Il souhaitait s’approcher du Canadien et pour atteindre cet objectif, il était prêt à jouer dans la Ligue américaine.

«Je me disais que si, par un concours de circonstances, le Canadien avait ­besoin d’un vétéran pour donner un p’tit coup de pouce à un moment ­quelconque, la porte du Centre Bell s’ouvrirait peut-être.»

Michel Therrien, l’ex-pilote de Talbot avec les Penguins, ne détestait pas cette option et il en avait discuté avec le joueur. Dans la Ligue américaine, il aurait apporté son expertise – parce que Maxime a tout pour devenir ­entraîneur – à la formation-école du Tricolore. Il aurait également servi de bouée de sauvetage pour la formation de la Ligue nationale.

Or, c’est plutôt la Russie qui lui a tendu la main.

«Et tu sais quoi, j’ai profité pleinement de cette expérience unique», ­raconte-t-il.

Mauvaise réputation

Pourtant, ce qu’on dit de la KHL n’est pas «chic». Les conditions ne se comparent aucunement à ce qu’on vit dans la Ligue nationale. Les joueurs ont parfois du mal à faire respecter leur contrat. La KHL éprouve chaque saison des ennuis avec des concessions incapables de joindre les deux bouts.

Bref, ce n’est pas le scénario ­qu’étudie habituellement tout patineur de plus de 30 ans, avec un statut ­d’employé de soutien.

«Ça va te surprendre, mais j’ai aimé ça. C’est pourquoi j’y retourne l’an prochain.»

Et Talbot ajoute: «Certes, il y a bien des histoires qui circulent au sujet de la KHL, mais avec l’organisation du ­Lokomotiv de Yaroslavl, nous n’avons rien à envier aux patineurs de certaines ­organisations de la Ligue nationale.

«Cette formation a vécu un drame épouvantable il y a quelques années, quand l’avion qui devait mener l’équipe dans le sud de la Russie s’est écrasé quelques minutes après le ­départ. Cette tragédie a marqué la ville et les citoyens. Elle a également marqué les propriétaires de l’équipe, qui ne ménagent pas les efforts pour redorer le blason de la concession.»

Tout de même, on reconnaîtra que ce n’est pas donné à tout le monde de ­déménager dans une ville et dans un pays où la culture est tellement ­différente, où la barrière des langues est un obstacle majeur.

Il faut se préparer à un choc culturel très particulier.

Le rôle de l’épouse

Maxime et la petite famille, son épouse, Cynthia Phaneuf, ex-patineuse artistique, les enfants s’aventuraient dans l’inconnu, mais avec un certain bagage d’expérience.

Cynthia, qui a voyagé à travers le monde au cours de sa carrière, savait exactement ce qui attendait les Talbot. Il n’a pas mis de temps à s’acclimater à son nouvel environnement et à voir à ce que la petite famille profite ­pleinement de cette nouvelle vie.

Maxime possède une personnalité attachante, c’est un fin causeur, et il s’adapte à bien des situations.

«S’il y a un athlète qui pouvait ­embarquer dans une telle aventure, c’est lui, me disait son ex-coéquipier, Pascal Dupuis. Maxime n’a rien à son épreuve. Quand il m’a dit qu’il retournait là-bas, je n’ai pas été surpris du tout.»

Avec son organisation, avec ses coéquipiers nord-américains et russes, il trouve une façon de rassembler tout le monde. Même s’il ne dit que quelques mots en russe, il parvient à se faire comprendre. Dans l’équipe, avoue-t-il, il y a une belle chimie.

«Les joueurs russes veulent apprendre l’anglais et moi, je veux apprendre quelques mots russes. Et la famille aussi. Mon fils s’adapte bien à ses ­nouveaux compagnons russes et c’est pourquoi il lui arrive de s’exprimer dans cette langue même si on est de retour ici. L’autre jour, je suis allé le chercher à la garderie et il a salué ses amis en disant bonjour en russe. Ils ont tous réagi en se demandant ce qu’il venait de dire. Je me suis bien amusé.»

On verra

Pendant les séries éliminatoires de la LNH, il commente les matchs à TVA Sports et aussi en compagnie de Dave Morissette à l’émission Destination coupe Stanley.

Qu’est-ce que l’avenir lui réserve?

«Comme je te l’ai mentionné, je vais retourner en Russie, puis on verra. Pour l’instant, je n’ai pas de projet ­particulier.»

Ne pourrait-il pas être un candidat pour la nouvelle formation de Laval dans la Ligue américaine? Cette ­année, ses services sont déjà retenus mais quand il aura complété son engagement à Yaroslavl, ne pourrait-il pas partager ses connaissances avec les joueurs d’avenir du Canadien?