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Le$ vraie$ rai$on$ de la légali$ation du pot

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Comme nous l’a appris mon collègue Éric Thibault samedi, les Hells Angels se foutent complètement de la légalisation du pot.

De toute façon, leurs millions proviennent du trafic de cocaïne, alors...

Et comme l’ont déclaré plusieurs spécialistes du crime organisé, dont l’ancienne députée Maria Mourani, les bandits vont continuer de vendre du pot illégalement parce qu’ils vont toujours avoir un prix plus bas que celui de l’État et un taux de THC plus important.

Et qu’ils vont vendre leur stock aux mineurs.

AUCUNE DIFFÉRENCE

Donc, si la légalisation ne change pas grand-chose (plus personne ne se fait arrêter pour avoir fumé un joint, et tous ceux qui veulent acheter du pot savent où s’en procurer), voulez-vous me dire pourquoi on légalise la mari, alors?

Pour une seule et unique raison: parce que l’État ne sait plus que faire pour renflouer ses coffres.

C’est la seule explication possible.

Pensez-y deux secondes.

L’État ne peut plus taxer davantage la cigarette, l’alcool ou l’essence. On a étiré l’élastique au maximum.

L’État ne peut plus augmenter les impôts. Les contribuables sont pris à la gorge.

L’État ne peut plus exploiter les ressources naturelles, car les écolos vont grimper dans les rideaux.

On ne peut pas «faire payer davantage les riches», car le peu de riches que nous avons vont lever les feutres ou cacher leur fortune aux îles Moukmouk.

Et l’État ne peut pas couper dans ses dépenses, car tout le monde va crier au meurtre et Gabriel Nadeau-Dubois va s’immoler devant l’Assemblée nationale.

Que reste-t-il, alors?

Le pot.

Tassez-vous, messieurs les bandits, l’État s’en vient avec ses grosses bottes.

L’ÉTAT A TOUS LES DROITS

Pour l’État, le pot est une source de revenus miraculeuse, le Klondike qu’il n’attendait plus.

Voilà pourquoi Justin va le légaliser. Il faut bien que notre premier ministre trouve un moyen de remplir le trou qu’il est en train de creuser!

Voilà pourquoi une activité qui était considérée comme immorale va soudain devenir morale.

Parce que lorsque l’État a faim, la morale prend le bord.

L’État a tous les droits.

Si l’État décide de mettre la main sur un secteur d’activité, il va le faire, sans demander la permission à qui que ce soit. Et il va inventer toutes sortes de raisons bidon pour justifier sa décision.

C’est pour une raison de santé publi­que. C’est pour couper l’herbe sous le pied du crime organisé. C’est pour mieux encadrer la consommation de pot. C’est pour mieux faire de la prévention.

Blablabla.

Mais dans le fond, tout ça, c’est de la frime. Vous le savez, je le sais, nous le savons tous.

La vraie raison est économique.

When money talks, bullshit walks.

That’s it, that’s all.

AU BOUT DE SA LOGIQUE

Si l’État veut vraiment couper l’herbe sous le pied du crime organisé, pourquoi ne légalise-t-il pas les drogues dures et la prostitution, alors?

Qu’il aille au bout de sa logique!

L’État se lance dans la vente de pot parce que ça lui permettra d’encaisser des millions de dollars sans trop choquer la population.

Si un sondage montrait que la majorité des gens appuient la légalisation de la prostitution, vous pouvez être sûr que l’État ouvrirait des bordels demain matin.