/24m/outings
Navigation

15 x La Nuit: danser la ville

15 x La Nuit
Photo 24 heures, Ariane Labrèche

Coup d'oeil sur cet article

Le chorégraphe Paul-André Fortier propose une rencontre organique entre un interprète et le public avec sa nouvelle œuvre 15 x La Nuit, qui animera le coin des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance du 22 avril au 6 mai. Le danseur Naishi Wang s’y appropriera l’espace urbain pendant 15 soirs consécutifs, sans musique, sans éclairages et sans artifices.

Paul-André Fortier aime se mettre en danger. Le grand danseur a lui-même sillonné la planète avec son solo 30 x 30, où il performait une chorégraphie silencieuse de 30 minutes pendant 30 jours consécutifs dans des endroits inusités. Sa nouvelle création, 15 x La Nuit, mettra en scène le danseur Naishi Wang, qui devra exécuter son solo silencieux au cœur du Quartier des spectacles, beau temps, mauvais temps.

«Il va découvrir la générosité du public, la beauté du spectateur qu’on ne peut voir ainsi dans une salle obscure. Peut-être même dansera-t-il sous la pluie, entouré du décor improvisé de quelques parapluies», lance Paul-André Fortier.

Le cœur de cette œuvre in situ réside dans cet aspect imprévisible, rempli d’inconnu. «Quand on danse sur la place publique, on s’expose à tout. Comme les gens n’achètent pas de billets, ceux qui savent que la chorégraphie a lieu viennent par curiosité, mais beaucoup passent par hasard et se retrouvent happés à leur insu par la pièce», explique-t-il.

Symphonie de béton

Pas d’artifices derrière lesquels se cacher : le danseur évolue dans toute sa vulnérabilité, sans éclairages, sans musique, à portée de main du public. «Le danseur voit les spectateurs autour de lui, il voit leurs yeux, leur émotion. C’est comme si de part et d’autre on ne se cachait plus rien. C’est magique», raconte Paul-André Fortier, les yeux brillants.

Un pigeon qui se pose, un chien qui tire sur sa laisse, ou encore la sirène d’une ambulance deviennent pour un instant une partie intégrante du spectacle. «Plusieurs spectateurs m’ont dit avoir regardé pour la première fois un lieu qu’ils ne faisaient que voir de manière inconsciente auparavant, illustre-t-il. On se met à entendre toute la musique urbaine, composée de gens qui murmurent, des talons qui claquent sur le trottoir...On voit et on entend à nouveau.»

Celui qui a entamé sa carrière de danseur en 1972 prépare déjà une chorégraphie pour trois interprètes à l’automne, ainsi qu’un solo au printemps prochain afin de fêter en grand ses 70 ans. «C’est ma vie! J’ai fait ça pendant 45 ans. J’aime la création, j’aime les interprètes, j’aime la chorégraphie, j’aime être sur scène. Après mon solo, par contre, je vais arrêter de danser, à moins qu’ils trouvent une pilule qui fait que tu n’as plus mal nulle part», s’exclame Paul-André Fortier en éclatant de rire.


15 x La Nuit aura lieu du 22 avril au 6 mai, au coin des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance.