/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Demain, notre cinéma fera le tour du monde

Coup d'oeil sur cet article

Demain, c’est un jour historique pour Léolo, La grande séduction et quelques centaines de films francophones, anglophones et autochtones. Nos films feront alors le tour du monde en 24 heures, un événement unique dans l’histoire mondiale du cinéma.

Lorsque les Torontois Jack Blum et Sharon Corder ont fondé Reel Canada, ils ne se doutaient pas que leur initiative prendrait un tel élan. Secondé par quelques personnalités comme Colm Feore (Bon Cop Bad Cop) et Atom Egoyan (De beaux lendemains), le couple Blum-Corder souhaitait seulement qu’on organise des projections de films canadiens dans les écoles secondaires.

Leur initiative a eu tellement de succès (plus de 250 000 étudiants ont jusqu’ici vu 1000 projections) que Reel Canada a créé la journée nationale du cinéma. La première, qui a eu lieu le 29 avril 2014, a aussitôt été endossée par la Chambre des communes. Cette année, grâce à l’appui de Mélanie Joly, la ministre du Patrimoine, la journée nationale se transforme en journée mondiale à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération.

SOPHIE NÉLISSE, PORTE-PAROLE

Au Canada seulement, il y aura 1800 projections de 300 films que nous pourrons tous voir gratuitement. Des projections gratuites auront lieu aussi dans la plupart des pays du monde, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie et partout en Europe.

À l’étranger, La grande séduction, Incendies, Juste la fin du monde, Paul à Québec, Gabrielle et La légende de Sarila sont les films en vedette, soit une majorité de films québécois. Du côté anglophone, Hyena Road, le film de Paul Gross avec Rossif Sutherland, et Passchendaele, un autre film de Gross avec Caroline Dhavernas, prennent la part du lion.

Loin de bouder cette journée nationale, Québec Cinéma s’y est associé et la jeune Sophie Nélisse en est la porte-parole. Chaque projection inclura un court-métrage d’animation ou un film autoch­tone.

LE WAPIKONI À L’HONNEUR

À la Cinémathèque québécoise, la soirée sera très spéciale puisqu’on présentera 16 courts-métrages autochtones produits avec l’aide du Wapikoni mobile. Les réalisateurs autochtones Stephen Jerome et Heather Condo seront présents, de même que Manon Barbeau, directrice du Wapikoni. Le même programme est offert à Chicoutimi durant la journée en présence du réalisateur Junior Leblanc. Le soir, on présente Pays de Chloé Robichaud en présence de l’acteur Yves Jacques.

C’est également Pays qu’on a choisi de projeter à Trois-Riviè­res, Shawinigan, Saint-Jean-sur-Richelieu et Matane. Pour la suite du monde, La grande séduction, Gaz bar blues et Léolo sont au programme dans la plupart des autres villes. Une trentaine d’écoles secondaires présenteront Paul à Québec, de François Bouvier, et presque toutes les bibliothèques publiques présenteront un film québécois récent.

Aucune de nos chaînes de télé les plus populaires, même pas ARTV ou Télé-Québec, ne profite de cette journée pour diffuser un film québécois. Radio-Canada le fait, mais presque en catimini. C’est à 14 h plutôt qu’en soirée que Radio-Canada diffusera Sarah préfère la course, le film de Chloé Robichaud.

Quel dommage que notre cinéma ne puisse compter davantage sur la télévision! En France, si le cinéma connaît autant de succès, c’est que la télévision a l’obligation règlementaire d’investir dans les films et l’obligation de les diffuser.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

En deux semaines en Chine, La guerre des tuques a fait trois fois plus d’entrées que durant toute son exploitation au Québec.