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Droit comme un chêne

Tomas Plekanec rattrape sa mauvaise saison depuis le début des séries. Le trio qu’il forme avec Paul Byron et Brendan Gallagher donne du fil à retordre aux Rangers par sa rapidité et son énergie.
Photo d’archives, Martin Chevalier Tomas Plekanec rattrape sa mauvaise saison depuis le début des séries. Le trio qu’il forme avec Paul Byron et Brendan Gallagher donne du fil à retordre aux Rangers par sa rapidité et son énergie.

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NEW YORK | Tomas Plekanec tient à parler du présent. Il ne veut pas revenir sur ses déboi­res de la saison régulière pour le moment. Il fera probablement le point à ce sujet à la fin de la saison, dit-il.

Son raisonnement est compréhensible. Pourquoi ressasser de mauvais souvenirs quand tout va pour le mieux?

Plekanec se rattrape depuis le début des séries. Le trio qu’il forme avec Paul Byron et Brendan Gallagher donne du fil à retordre aux Rangers par sa rapidité et son énergie.

Le vétéran joueur de centre se tire bien d’affaire pour un joueur qu’un peu tout le monde voulait chasser de la ville cette année.

Athlète idéal

Il faut dire que Plekanec ne l’a jamais vraiment eu facile à Montréal.

Pas parce qu’il n’est pas un bon joueur. Au contraire, on parle d’un athlète polyvalent qui fait son travail sans dire un mot plus haut que l’autre. Il est apprécié de ses coéquipiers en raison de son grand professionnalisme.

Tous ceux qui l’ont dirigé, de Claude Julien à lui-même une deuxième fois en passant par Bob Gainey, Guy Carbonneau, Jacques Martin, Randy Cunneyworth et Michel Therrien, n’ont jamais dit un mot «gros de même» sur son compte.

Son défaut est qu’il n’a jamais été assis dans la bonne chaise, pour utiliser cette expression chère à Alain Vigneault.

Statistiques satisfaisantes

Pourtant, sa feuille de route indique qu’il a connu cinq saisons d’au moins 50 points en 12 ans avec le Tricolore, dont deux de 70 et de 69 points.

Ce n’est pas rien.

Or, la dernière saison a été la moins productive de sa carrière. Seulement 28 points en 78 matchs.

Ses détracteurs lui sont tombés dessus à bras raccourcis. Les faiseurs d’échanges l’envoyaient aux îles Mouk-Mouk. Mais il était encore là après l’heure de tombée des transactions.

Son juge le plus sévère

Plekanec n’est pas sans savoir que des journalistes et des amateurs l’ont découpé en rondelles. Mais il roule avec les coups.

«J’ai appris une chose depuis longtemps quand on fait carrière à Montréal, dit-il.

«Il ne faut pas se laisser abattre par les commentaires négatifs. Je n’aurais pas survécu aussi longtemps si je m’étais attardé à ça.»

Car il y a plus critique et plus sévère que tout journaliste ou tout amateur qui le poivre sur la place publique.

Cette personne, vous l’aurez deviné, c’est lui.

À ses premières années avec le Cana­dien, Plekanec avait une forte tendance à s’autoflageller. Beaucoup trop même, reconnaît-il aujourd’hui.

Mais c’était aussi un signe qu’il tenait absolument à réussir sa carrière.

«J’ai appris à me contrôler avec le temps, continue-t-il.

«Je ne m’emballe pas avec mes succès et je ne me laisse pas décourager par mes insuccès.»

C’est la ligne de pensée de tous les athlètes et de tout le monde en fait.

Après la pluie, le beau temps, n’est-ce pas?

Bon candidat pour les knights

Que lui réserve l’avenir à Montréal?

S’il réduit la cadence d’ici à la fin des séries, il s’en trouvera pour dire qu’il est revenu au naturel.

S’il continue sur sa lancée, on dira peut-être qu’il a fait son temps avec le Canadien et qu’à 34 ans Marc Bergevin devra le remplacer par un plus jeune.

Il serait d’ailleurs plutôt étonnant que son nom figure parmi les attaquants que le directeur général entend protéger en prévision du repêchage des joueurs qui formeront la première édition des Golden Knights de Las Vegas.

Dans ce cas, Gerard Gallant, qui l’a bien connu durant son séjour comme adjoint de Michel Therrien, pourrait dire à son directeur général George McPhee qu’il ne se tromperait pas en faisant son acquisition.

Kreider semble être intimidé par Weber

Se pourrait-il que le problème de Chris Kreider s’appelle Shea Weber?

L’attaquant des Rangers a été invisible au cours des trois premiers matchs de la série entre le Canadien et les Rangers. On ne l’a surtout pas vu rôder autour de Carey Price.

Alors?

«La présence de Weber nous procure un atout important, répond Tomas Plekanec.

«C’est une bête. Il exerce le même impact dans le vestiaire que sur la patinoire.»

Autrement dit, il pratique son métier avec beaucoup de sérieux. Il ne parle pas beaucoup, mais son regard dit tout.

Weber sait aussi quoi faire avec la rondelle.

«Lorsque la rondelle se rend à lui, elle reste collée à lui, continue Pleka­nec.

«Quand il en a la possession, elle le suit partout.

«C’est un des meilleurs joueurs avec lesquels j’ai joué.»

Miller a goûté à sa médecine

Weber joue du grand hockey depuis le début des séries. On avait dit qu’il devrait avoir Kreider à l’œil et on peut penser que celui-ci est moins brave à l’idée d’aller bardasser Price.

On a d’ailleurs vu comment Weber s’est occupé de J.T. Miller lors d’une échauffourée derrière le filet du Canadien durant la deuxième période du deuxième match.

Le joueur des Rangers s’est fait secouer le pommier!

Joueur idéal pour les séries

On peut dire ce qu’on veut de la transaction Weber-Subban, le vétéran défenseur apporte au Tricolore cette présence intimidante dont une équipe a tant besoin dans les séries.

Les séries, c’est une guerre de tranchées, le genre de compétition où la loi du plus fort prédomine.

Ça n’enlève rien à Subban.

Au contraire, P.K. a fait de belles choses en séries pour le Tricolore.

Qu’on se souvienne de sa tenue contre les Bruins en 2014. C’est lui qui avait fait tourner le vent dans cette série.

Mais Weber est une force tranquille à laquelle il vaut mieux ne pas se frotter. Sinon on risque de passer un mauvais quart d’heure.