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Elle doit se faire avorter de ses jumelles pour contrer la maladie

Un mélanome menaçait la vie d’une femme de 36 ans enceinte de 13 semaines

Journaliste
Photo Amélie St-Yves Cynthia Verrette Gauthier ne se mettait pas de crème solaire, mais elle n’aimait pas aller au soleil. Elle a commencé à s’en appliquer quand sa petite Lily-Rose était bébé, car elle voulait la protéger du soleil.

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Une femme de 36 ans s’est fait avorter à contrecœur de ses deux jumelles pour traiter son cancer de la peau, car il était hors de question qu’elle laisse sa fille de trois ans perdre sa mère.

Cynthia Verrette Gauthier retient difficilement ses larmes quand elle regarde les deux photos d’échographie, souvenir de ce à quoi elle a dû renoncer l’été dernier.

«La question dont je me souviendrai toujours, c’est: “Est-ce que ton but dans la vie, c’est de mettre au monde plusieurs enfants? Ou est-ce que c’est de vivre pour la fille que tu as déjà?”» dit-elle, 8 mois après un drame impensable.

Elle était enceinte de 13 semaines quand on lui a annoncé que le grain de beauté à forme étrange qu’elle avait du côté droit, à la hauteur du soutien-gorge, était un cancer de la peau et que le traitement optimal n’était pas compatible avec une grossesse.

Elle était rendue à un poids de 90 lb, mais était naturellement mince et se sentait en pleine forme.

Cynthia Verrette Gauthier ne savait pas encore qu’elle portait des jumelles qu’on lui parlait d’avortement. Quand elle a dû passer une échographie pour savoir avec précision où en était sa grossesse, la réaction du technologue qui prenait les images l’a figée.

«Il a dit: “Ah non!” Pour lui, c’était trop. Et c’est là que j’ai vu les deux têtes», raconte-t-elle.

Sans la brusquer, le personnel médical lui a bien expliqué que l’avortement restait de loin la meilleure option. Sinon, elle risquait de mourir de son cancer, de perdre ses bébés en cours de grossesse, ou de les mettre au monde avec des handicaps physiques, mentaux ou les deux.

Interventions

La décision a été pénible, mais elle a choisi de vivre pour sa fille, Lily-Rose. Son mari, Jean-François Gauthier, l’a appuyée. Quelques jours plus tard, l’avortement leur brisait le cœur.

«Sur la table, lors de mon avortement, le 17 août, j’ai dit que je ne le faisais pas. Je me sentais comme si j’allais tuer deux bébés», raconte Cynthia Verrette Gauthier, encore perturbée par les événements.

Une infirmière a pris le temps de lui parler, de la rassurer, et l’avortement a finalement eu lieu. Elle a eu une semaine pour se remettre avant de se faire opérer pour son mélanome, le 24 août.

Rémission

La mère de famille est aujourd’hui en rémission. La peur que le cancer revienne fait maintenant partie de son quotidien, mais elle travaille fort pour ne pas lui laisser prendre toute la place.

«Si je me stresse chaque jour, que j’en pleure chaque jour, et que ça revient dans 15 ans, je vais avoir passé 15 ans en étant malheureuse», dit-elle.

Croyante, elle a demandé à Dieu un sursis de 25 ans, assez pour voir sa grandir sa fille.