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Première montée de lait de Trump touchant l'ALENA

Le président s'attaque aux mesures protectionnistes du Canada pour les producteurs laitiers

Donald Trump a pris la parole au siège social des outils Snap-On, mardi, à Kenosha, au Wisconsin. Il a réitéré son désir de rapatrier des emplois aux États-Unis et a signé un décret à cet effet.
PHOTO AFP Donald Trump a pris la parole au siège social des outils Snap-On, mardi, à Kenosha, au Wisconsin. Il a réitéré son désir de rapatrier des emplois aux États-Unis et a signé un décret à cet effet.

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Le réveil pourrait être brutal pour les producteurs laitiers québécois. Pour la première fois, Donald Trump passe en mode attaque. «Au Canada, des choses très injustes se sont passées contre les producteurs laitiers américains», a déploré le président américain mardi dans un discours enflammé au Wisconsin.

«Ce qui est arrivé [aux producteurs américains] est très, très injuste, a-t-il ajouté. C'est le genre d'accord précisément injuste contre les États-Unis. La situation ne durera pas longtemps», a-t-il déclaré.

«Trump ne signera pas l'ALENA tout seul. Il va devoir négocier!», s'est indigné François Dumontier, porte-parole des Producteurs de lait du Québec (PLQ). Pour lui, nul doute que la sortie en règle de Trump ne reflète pas la réalité. «Les Américains disent que nous donnons des subventions à notre industrie, mais ils le font eux aussi...», a t-il rappelé.

Se préparer au pire

Reste qu'après une année «historique» marquée par une «croissance formidable», les Producteurs de lait du Québec devront se préparer au pire, car la détermination du président américain risque d'avoir raison de l'embellie du secteur, en partie à tout le moins.

La semaine dernière, Bruno Letendre, président des PLQ, se réjouissait des neuf millions de litres de lait produits chaque jour dans la province. La croissance de plus de 23% de la demande de matière grasse pour le lait de transformation ces trois dernières années rendait les joueurs de cette industrie plutôt optimistes.

Nuages à l'horizon

La déclaration de Trump s'ajoute aux menaces répétées provenant des traités de libre-échange. La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) n'est pas la seule ombre au tableau, l'arrivée des 17 700 tonnes de fromages européens, venant de l'accord Canada-UE, va fragiliser le secteur du lait.

Non seulement le système de gestion de l'offre est toujours menacé, mais les fermiers américains ne digèrent toujours pas les règles qui les empêchent d'exporter leur lait diafiltré.

«Les propos de Trump confirment nos craintes envers sa présidence. Depuis longtemps, nous avions des préoccupations vis-à-vis la renégociation de l’ALÉNA», a indiqué Ruth Ellen Brosseau, critique du NPD en matière d’agriculture et Agri-Canada en journée.

«Si Donald Trump ajoute une clause de Buy American [Acheter Américain] dans la renégociation de l’ALÉNA, il faudrait qu’on permette la création d’un équivalent québécois», a pour sa part tenu à dire Martine Ouellet, chef du Bloc québécois.

Philippe Couillard pas surpris

Le premier ministre Philippe Couillard a dit mardi soir ne pas être surpris par les propos de Donald Trump.

«Nous allons être aux côtés de nos agriculteurs. Pas seulement pour défendre la gestion de l’offre mais pour défendre aussi nos fermes familiales», a-t-il affirmé.

Il a assuré que son équipe avait discuté avec l’entourage de Justin Trudeau et que les deux gouvernements sont sur la même longueur d’ondes.