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La puissance d’abord

Corey Dickerson, des Rays de Tampa Bay, a claqué 24 coups de circuit la saison ­dernière.
Photo AFP Corey Dickerson, des Rays de Tampa Bay, a claqué 24 coups de circuit la saison ­dernière.

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Le baseball majeur est en pleine révolution. Dans ma chronique de la semaine dernière, je vous ai parlé du rôle de plus en plus important des releveurs. Et nous pourrions remonter plus loin et vous parler de l’impact de Billy Beane et de son approche de style «Moneyball».

Mais aujourd’hui, on va se pencher sur les attributs changeants du frappeur qui occupe le premier rang de la formation de son équipe. Tout en étant bien conscient, comme le dirait mon collègue Rodger Brulotte, que ce joueur n’est en fait le premier frappeur qu’une seule fois dans un match.

Pendant des décennies, les gérants des majeures confiaient ce rôle à un joueur qui avait le don de se rendre souvent sur les buts. Soit avec un coup sûr, avec un but sur balles ou encore comme le faisait si bien Ron Hunt, en étant atteint par un lancer de ­l’adversaire.

Depuis le début des années 2000, le profil du premier frappeur a changé. Oui, il est habituellement assez rapide, mais surtout il frappe avec puissance.

En 2004, les frappeurs de premier rang avaient réussi un total de 445 coups de circuit et en 2015, ils en avaient frappé 453.

Et en 2016, êtes-vous prêts? Ils en ont claqué 576!

De nos jours, les premiers frappeurs n’ont plus le gabarit des Maury Wills, Ricky Henderson, Tim Raines ou Ron Hunt.

Ils sont de solides gaillards qui ont pour nom George Springer (Astros), A.J. Pollock (Diamondbacks), Corey Dickerson (Rays), Brian Dozier (Twins) et Ian Kinsler (Tigers).

Chez les Blue Jays, on a déjà eu recours à des frappeurs de la trempe de Jose Bautista et Troy Tulowitzki au sommet de leur formation.

Qu’arrive-t-il aux Blue Jays ?

Les Blue Jays de Toronto n’ont jamais eu la réputation d’être une équipe qui commence une nouvelle saison en lion, ce qui explique que ces dernières saisons, ils doivent souvent prendre les bouchées doubles en fin de campagne pour mériter une place dans les séries éliminatoires.

Mais cette saison, c’est pire que jamais. Seulement deux victoires à leurs 12 premiers matchs!

Il est vrai que la relève a bousillé quelques avances, mais le gros ­problème des Jays, c’est l’attaque.

Et ce n’est pas l’absence d’Edwin ­Encarnacion qui explique cette ­anémie des frappeurs.

Après 10 rencontres, les Jays présentaient une moyenne collective de ,199 et n’avaient marqué que 28 points, la plus faible production des majeures. De plus, ils avaient frappé dans 12 doubles-jeux et déposé un seul amorti-sacrifice.

L’opportunisme n’est pas au rendez-vous. Dans leurs 10 premières rencontres, la troupe de John Gibbons n’avait réussi que neuf coups sûrs alors qu’il y avait 63 coureurs en position de marquer et ils ont laissé 65 coéquipiers sur les sentiers.

Il est évident que le message de l’instructeur des frappeurs Brook Jacoby ne passe pas.

Loin de moi l’idée de demander aux Jose Bautista, Josh Donaldson, Kendrys Morales, Troy Tulowitzki ou encore Justin Smoak de déposer un amorti.

Mais avec un coureur au deuxième but et aucun retrait, expliquez-moi pourquoi on ne demande pas à Devon Travis, Darwin Barney, Kevin Pillar, Ryan Goins ou même à Russell Martin – il n’a que deux coups sûrs en 28 présences au bâton – d’en déposer un.

49 M$ et... deux chevaux

Il suffit parfois d’un ajout qui peut paraître insignifiant pour qu’un joueur appose son nom au bas d’un contrat fort lucratif. Par exemple, Rougned Odor, le joueur de deuxième but des Rangers du Texas, a finalement accepté un contrat de six ans évalué à près de 50 millions $ lorsque le coprésident Ray Davis a suggéré au directeur général Jon Daniels de lui offrir deux chevaux! L’oncle de Rougned, Rouglas Odor, a déclaré que son neveu est un cow-boy vénézuélien dans l’âme et qu’il n’était pas surpris qu’il ait été ­séduit par cette offre... surtout qu’il a l’intention de s’acheter un ranch.

Mookie Betts aux quilles

L’excellent voltigeur Mookie Betts, des Red Sox de Boston, a opté pour le ­baseball au lieu d’une carrière comme joueur de quilles. Dans sa jeunesse, Betts assistait aux tournois auxquels sa mère participait dans la région de Nashville et comme quilleur, il avait conservé une moyenne de 240 alors qu’il fréquentait l’école secondaire John Overton. Toutefois, au baseball, il a frappé pour une moyenne de ,549 à sa première saison et de ,509 à sa deuxième dans les ligues scolaires. Auteur de sept parties parfaites comme quilleur, Mookie avoue avoir songé à une carrière dans ce domaine. Mais comme ses initiales Markus Lynn Betts donnent MLB, il a choisi le baseball.

La saison 1971 de Vida Blue

Si je vous demandais d’identifier le dernier frappeur ambidextre qui a mérité le titre du joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue américaine? Voici un indice: ce joueur a aussi mérité le trophée Cy-Young en 1971. Depuis, six frappeurs ambidextres ont mérité le «MVP» dans la Ligue nationale, soit Pete Rose (1973); Willie McGee (1985); Terry Pendleton (1991), Ken Caminiti (1996); Chipper Jones (1999) et Jimmy Rollin (2007). Il s’agit de Vida Blue, l’ancien lanceur des A’s d’Oakland, qui était frappeur ambidextre et qui avait mérité le Cy-Young en 1971 avec une fiche de 24-8 et une MPM de 1,82.

Passe-temps coûteux

Certains collectionnent les pièces de monnaie, d’autres optent pour les timbres et il y a aussi ceux qui collectionnent les cartes d’athlètes de différents sports. Pour les amateurs de hockey, la carte émise par O-Pee-Chee de la recrue Wayne Gretzky a été vendue pour la somme de 94 612 $ lors d’un encan en 2011. Au basketball, c’est la carte de George Mikan, de la National ­Basketball League, qui a aussi joué dans la NBA, qui a rapporté le plus, soit la somme de 218 550 $. La carte du légendaire Bronko Nagursky, des Bears de Chicago, a nécessité un déboursé de 240 000 $. Mais c’est la carte T-206 d’Honus Wagner 1909-1911 par l’American Tobacco Company, qui trône au sommet car elle a coûté 3,12 millions à son propriétaire.