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Le Canadien à maturité

Carey Price est plus stable que dans le passé lorsqu’il est moins occupé.
Photo AFP Carey Price est plus stable que dans le passé lorsqu’il est moins occupé.

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Quelle série! Vendredi, il ne manquait que 18 secondes aux Rangers pour prendre une avance de 2-0 sur le Canadien dans la série, mais Tomas Plekanec, puis Alexander Radulov en prolongation, ont complètement changé la donne! Soyons honnêtes toutefois. Depuis le début, le Canadien joue du meilleur hockey que les Rangers et mérite de mener la série par 2-1.

Je suis vraiment impressionné par le Tricolore qui a été la meilleure formation dans chacune des trois parties. Je pense que l’équipe est rendue à un niveau de maturité que l’on n’a pas vu depuis longtemps et, pour une fois, Carey Price n’est pas obligé d’être la première étoile à chaque match pour espérer la victoire.

En fait, ce rôle de faire la différence revient davantage au gardien des Rangers, Henrik Lundqvist, car jusqu’à présent, le Canadien a eu l’avantage dans à peu près toutes les phases du jeu. Lundqvist a volé le premier match 2 à 0 (avec un but dans un filet désert) et s’il y avait des doutes à son égard, il a rapidement répondu présent.

Le fameux but de Plekanec à 19 min 42 s en troisième période puis celui de Radulov, ont eu un effet dévastateur dans le camp des Rangers. Ces derniers ont beau dire que l’objectif était de gagner un match à Montréal, lorsque tu es si proche de prendre une avance de 2-0 dans une série et que tu l’échappes en fin de troisième et en prolongation, ça fait mal et ça laisse des traces.

Ce que je retiens de ces trois premiers matchs, c’est que le Canadien est une équipe différente, plus physique et plus mature que ce qu’on a vu dans le passé en séries éliminatoires. On voit de la détermination et du leadership. On s’attendait à beaucoup de Radulov et s’il a connu un lent départ, j’ai adoré sa réaction vendredi après les deux mauvaises pénalités dont il a écopé. Il a réagi en marquant le but gagnant, mais aussi en s’excusant auprès de ses coéquipiers et en les remerciant d’avoir neutralisé l’attaque à cinq des Rangers.

Radulov en a remis, dimanche à New York en marquant le troisième but d’une seule main et, d’après moi, il a décollé et il sera plus discipliné à l’avenir.

Les acquisitions de Bergevin

Shea Weber a laissé tomber les gants en deuxième période, mais c’est Steve Ott qui a parti l’escarmouche avant et je pense que c’est un point tournant dans la série. Le Canadien a clairement démontré qu’il ne s’en laisserait pas imposer et qu’il était en mode séries.

On s’attend à ce genre d’intensité de la part d’Andrew Shaw ou de Brendan Gallagher, mais de voir Ott et Weber s’en mêler, ça lançait un signal fort aux Rangers que ce ne serait pas du gâteau.

Ce que le directeur général, Marc Bergevin, espérait de ses acquisitions comme Radulov, Weber, Ott et Shaw, il l’a obtenu dans les trois premiers matchs et il ne reste qu’à poursuivre dans cette veine.

De plus, on voit l’effet Claude Julien dans le temps de possession de rondelle nettement à l’avantage du Canadien et qui provoque beaucoup de revirements. C’est le même système que Julien a utilisé pour mener les Bruins à la conquête de la coupe Stanley en 2011.

Bref, le Canadien est devenu une équipe difficile à affronter qui limite les chances de marquer. Ça change le travail de Carey Price qui est moins occupé. Dans le passé, il perdait de son efficacité dans ce genre de situation, mais aujourd’hui, il est plus stable. Ça promet!

Tous les indicateurs sont positifs et même l’attaque massive semble vouloir débloquer. J’aime beaucoup ce que je vois.

– Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Impressionnants Penguins

(JT) | Je n’aurais jamais cru que les Penguins prendraient une avance de 3-0 contre les Blue Jackets. Je vous rappelle que les Jackets ont récolté 50 victoires et 108 points, cette saison. Sidney Crosby est en mission et les champions en titre font encore preuve de caractère malgré l’absence de Matt Murray et de Kristopher Letang. Ils m’impressionnent. Dimanche, ils tiraient de l’arrière 3 à 1 et ils ont trouvé le moyen de gagner. Comme en 2014, le gardien des Jackets, Sergei Bobrovsky, gagnera le trophée Vézina pour une excellente saison régulière, mais il semble que les Penguins ont son numéro et l’élimineront de nouveau.

Boudreau dans le pétrin

(JT) | Encore une fois, mon ancien coach, Bruce Boudreau, est en voie de l’échapper en séries éliminatoires puisque, contre toute attente, le Wild tire de l’arrière 3-0 contre les Blues. Boudreau a le don de créer le doute dans la tête de ses joueurs et le tout a commencé le 12 mars, lorsqu’il a retiré son gardien étoile, Devan Dubnyk, après qu’il eût accordé deux buts sur les deux premiers tirs des Blackhawks. Depuis ce temps, le Wild n’a jamais été la même équipe. De l’autre côté, il faut louanger le travail du gardien des Blues, Jake Allen. Il était misérable jusqu’en mars, mais depuis que Martin Brodeur travaille avec lui, il est totalement transformé.

Zack Kassian en feu

(JT) | L’ancien joueur du Canadien Zack Kassian joue du gros hockey et il a marqué les deux buts gagnants des Oilers contre les Sharks. On comprend pourquoi Marc Bergevin avait pris une chance sur lui l’an dernier. Il joue bien dans les deux sens de la patinoire, il est physique et il semble avoir réglé ses problèmes personnels. Sans tambour ni trompette, le gardien Cam Talbot continue son excellent travail chez les Oilers.

Capitals et Blackhawks décevants

(JT) | Les deux équipes que j’ai choisies pour se rendre en finale, les Capitals et les Blackhawks, ont déçu, du moins avant les matchs d’hier. J’aurais cru que les Capitals auraient tiré avantage de l’inexpérience des Leafs. Quant aux Blackhawks, qui aurait cru qu’ils auraient perdu leurs deux premiers matchs locaux sans marquer un but? Donnons toutefois crédit au gardien des Predators, Pekka Rinne. Il me surprend.