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Nouvelles règles en soins esthétiques : plusieurs cliniques menacées de fermeture

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Près de la moitié des cliniques de soins esthétiques fonctionnant exclusivement avec des infirmières devront cesser leurs activités, le 1er mai, avec l'entrée en vigueur des nouvelles règles imposées par le Collège des médecins du Québec, dénoncent des regroupements d'infirmières.

Les clients qui reçoivent des injections de Botox, notamment, devront dorénavant obtenir une ordonnance d'un médecin avant que l'infirmière puisse donner le traitement.

Craignant la perte de dizaines d'emplois et d'investissements de plusieurs milliers de dollars, des infirmières en soins esthétiques demandent l'intervention du ministre Barrette, ainsi qu'un moratoire sur l'application de ces directives.

«Cela nous cause un préjudice grave. Depuis la loi 90 sur les ordonnances collectives, en 2005, la majorité des infirmières en soins esthétiques travaillent de façon autonome. Pourquoi, en 2017, le Collège change-t-il les règles? Pour favoriser certains groupes d'intérêt? Il ne se prend pas de la bonne façon pour éliminer les charlatans», s'insurge la présidente du Regroupement des infirmières et infirmiers entrepreneurs du Québec (RIIEQ), Louise St-Aubin.

Moyens légaux

Le regroupement n'écarte pas de prendre des moyens légaux. Ses démarches se déroulent conjointement avec l'Association des infirmières et infirmiers en soins infirmiers esthétiques du Québec (AIISIEQ).

Quelque 200 infirmières au Québec font de l'injection de Botox et d'autres agents de comblement. Entre 60 et 70 infirmières sont propriétaires de leur clinique, selon Mme St-Aubin.

«Jusqu'à 75% des membres de notre association n'ont pas de médecin sur place. Toutes ne pourront pas s'associer à un médecin, à compter du 1er mai. Entre 60 000 et 100 000 évaluations en esthétique par an seront de facto transférées aux médecins», opine-t-elle.

Grand ménage

Le pdg du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, réfute ces arguments. «Il n'y a aucun agenda caché. On veut faire le ménage là-dedans, car cela n'avait pas de bon sens. On a constaté que des ordonnances collectives en soins esthétiques étaient signées par un psychiatre ou un médecin de famille n'ayant de formation dans ce domaine», illustre le Dr Bernard.

Le Collège veut en outre mieux encadrer l'utilisation du terme «médico-esthétique» qui est employé à toutes les sauces. «On a même vu une certification d'esthéticienne médicale. Ça n'existe pas! Quand on prétend faire de la médecine, on n'organise pas des partys Bulles et Botox dans les hôtels. Ce ne sont pas des endroits appropriés, aseptisés», soulève le Dr Bernard.