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Une pellicule «magique» contre les radars photo

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Après le vaporisateur qui réfléchit la lumière, un homme d'affaires vend désormais une pellicule invisible qu'on applique sur la plaque d'immatriculation pour se protéger des nombreux radars photo.

Éric Gagnon, de l'entreprise Distribution Zéro Ticket, vendait depuis quelques mois le Photo Blocker Spray, qui rend les lettres et numéros illisibles. Il lance maintenant le No Ticket, une pellicule d'un millimètre d'épaisseur «qui distortionne l'image.»

Pour une somme de 44,95 $, la livraison de cette pellicule est garantie en 48 heures.

Le principe est le même. La vente est légale, mais l'utilisation ne l'est pas selon l'article 251 du Code de la sécurité routière.

«C'est une nouvelle technologie. Je suis le premier à l'amener au Québec. Je l'ai testé et j'ai décidé de la commercialiser. On s'expose à 60 $ d'amende», explique l'entrepreneur, qui parle d'une pellicule «magique».

Après vérification, la police a confirmé mardi le montant de la contravention en vigueur si un policier constate l'infraction.  

Des avocats consultés

Avant de vendre ces produits, M. Gagnon affirme avoir consulté des avocats.

«J'ai eu les avis juridiques nécessaires. Je suis en faveur des radars photo pour un aspect de sécurité, mais il y a une manière de les exploiter, comme dans les zones résidentielles par exemple. Pas pour prendre les gens dans des endroits cachés», ajoute-t-il.

La multiplication des radars photo pourrait inciter plusieurs automobilistes à se prémunir contre ces appareils de plus en plus nombreux sur les routes.

«J'offre des produits de protection. Je ne tords pas un bras à personne. Les gens sont libres et ils connaissent les conséquences. Il y a un problème et j'apporte une solution.»

L'homme d'affaires précise qu'il a reçu la visite de deux enquêteurs à sa résidence privée l'automne dernier.

«J'ai eu une mise en garde de la Sûreté du Québec. Je vends seulement en ligne. Quand mon avocat a pris ça en charge, je n'ai pas eu d'autres nouvelles.»

Karl Hamel, président fondateur de Québec-Ticket, n'encourage pas à la délinquance.

«Nos avocats nous disent que la plaque soit visible en tout temps. Si l'amende est plus basse, les gens feront leur calcul, mais le gouvernement finira peut-être par s'ajuster.»

Selon l'ex-policier Alain Gelly, il faudrait également analyser la notion d'entrave dans une telle situation.

«Il y a aussi beaucoup de gens qui ont donné leur appui aux radars photo.»

Code de la sécurité routière

Article 251

2°  Nul ne peut placer ou appliquer ni faire placer ou appliquer sur un véhicule routier tout objet ou toute matière pouvant nuire de quelque façon au fonctionnement d’un cinémomètre photographique ou d’un système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges ou à l’enregistrement des informations sur la plaque d’immatriculation par l’appareil photo d’un tel cinémomètre ou d’un tel système de contrôle.