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Cossette y croit toujours

L’amitié entre Pierre Gervais et Sylvain Cossette remonte aux belles années du hockey junior québécois.
Photo Marc de Foy L’amitié entre Pierre Gervais et Sylvain Cossette remonte aux belles années du hockey junior québécois.

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NEW YORK | À cinq heures, lundi après-midi, Sylvain Cossette a allumé son ordinateur pour voir s’il y avait des places disponibles sur des vols en soirée pour New York. Il a fait une réservation pour huit heures. Il a appelé son ami Pierre Gervais, gérant de l’équipement du Canadien, afin de réserver un billet pour le match de mardi soir au Madison Square Garden. Puis, il a trouvé une chambre sur le site Hotel Tonight.

Mardi matin, il était assis avec Gervais aux premières loges du Garden pour assister à la séance d’entraînement du Tricolore.

«Je suis maniaque de hockey!», explique-t-il en riant.

Comme des millions de Québécois, le chanteur de 53 ans est possédé par la passion du hockey.

LES FOLLES ANNÉES DU JUNIOR

Natif de Grand-Mère, il a joué jusqu’au niveau midget avant de se tourner vers les ligues de garage. Il a été témoin de la guerre entre Michel Bergeron et Ron Racette dans les rangs juniors.

Un soir, Bergeron est sorti de l’autobus pour aller se battre avec Racette dans le lobby de l’aréna Jacques-Plante, à Shawinigan.

L’histoire dit que le Tigre s’est retrouvé en mauvaise posture.

Gervais en était à ses premières armes dans son métier. Il était avec les Draveurs de Trois-Rivières, que Bergeron dirigeait.

C’étaient les années d’or de la Ligue junior majeure du Québec. Ce n’était pas toujours joli, mais ça remplissait les arénas.

«Je me souviens des Loups de La Tuque, il y avait tout le temps des bagarres», relate Cossette.

PROCHE DE L’ÉQUIPE DE 1993

Bien des gens ont décroché quand le hockey est devenu plus civilisé, mais Cossette n’a jamais lâché.

Quand la fièvre s’empare de lui, il part sur un coup de tête, comme il le dit, pour aller voir le Tricolore à l’étranger.

Pas fréquemment, car il a sa carrière à gérer, mais par-ci par-là. L’an dernier, il s’est rendu à Los Angeles et à Anaheim en saison régulière. Faute de séries, il est resté à la maison.

L’occasion était belle cette fois-ci puisqu’il est en sabbatique. Il a fait un petit spécial pour la station sportive radiophonique 91,9 en écrivant une chanson pour les séries.

Le titre: On veut la coupe!

Quand on lui dit qu’il y a une marge entre le désir et la réalité, Cossette répond à la manière d’un inconditionnel de la Flanelle.

«À part l’an dernier, on y pense toujours, dit-il sur un ton sans équivoque.

«Je suis de l’époque où quand on ne gagnait pas, ce n’était pas normal.»

Ça fait un bail, mais l’affection de Cossette pour le Canadien est indéfectible. Il a vécu de près la coupe de 1993.

«Je m’étais pété un genou et je m’entraînais dans le gymnase du Forum avec Rob Ramage, Gary Leeman, Stéphan Lebeau et d’autres», raconte-t-il.

FAN DE TI-GUY

Dans sa jeunesse, il a vibré pour Guy Lafleur.

«C’était le meilleur, lance-t-il.

«J’ai vu jouer Bobby Orr vers la fin de sa carrière. On aurait dit qu’il était né avec un stock de hockey. Présentement, c’est Connor McDavid.»

Comment ne pas l’aimer, même s’il ne joue pas avec la bonne équipe, celui-là.

Les Oilers d’Edmonton devraient remercier le ciel tous les jours d’avoir remporté la loterie qui leur a permis de mettre la main sur le jeune.

Un jour, McDavid fera peut-être partie de l’équipe d’étoiles de tous les temps de Cossette.

De qui pourrait-elle être formée en ce moment?, lui ai-je demandé à brûle-pourpoint

«Je dirais Orr et Raymond Bourque à la défense, Lafleur, Lemieux et Messier à l’avant, a-t-il énuméré.

«Devant le filet, j’irais pour Roy ou Price. Martin Brodeur était tout un gardien aussi. Hasek était bon, mais il bougeait comme une hélice d’hélicoptère!

«Mais j’aime bien les joueurs complets comme l’était Yzerman et comme l’est Toews aujourd’hui.

«Chez le Canadien, j’aime bien Weber. Quand tu as connu des défenseurs comme Robinson et Savard, c’est là que tu réalises l’importance d’avoir un joueur comme Weber.»

Bien dit.

D’autant plus que Weber joue comme quelqu’un qui n’entend pas à rire. Chris Kreider semble intimider par sa présence.

«C’est sûr, enchaîne le chanteur.

«Quand tu arrives avec le puck et que tu te retrouves devant un yéti, ça fait peur!»

Une surprise après l’autre

Les amateurs sont servis à souhait depuis le début des séries. Et en surprises aussi. Tellement que certains commencent déjà à faire un lien avec 1993 alors que le Canadien s’était faufilé jusqu’à la coupe Stanley.

Il est tôt pour faire des comparaisons et tirer des conclusions. Mais force est d’admettre que l’on assiste jusqu’ici à des revirements que personne n’avait prévus.

PAS DE FINALE CAPS-HAWKS

Les Capitals de Washington et les Blackhawks de Chicago étaient les favoris pour atteindre la finale de la coupe Stanley. Mais comme c’est là, il y a peu de chances que ça se produise.

Les Blachawks font face à l’élimination contre les Predators de Nashville. Ils risquent même d’être balayés en quatre matchs.

Quant aux Capitals, ils en ont plein les bras avec les jeunes Maple Leafs.

Tout le monde persiste à dire qu’ils vont l’emporter, mais il ne faudrait pas que les Leafs gagnent à nouveau ce soir devant leurs partisans.

Si l’impensable se produisait, des têtes pourraient rouler à Washington. Pas tellement chez les dirigeants comme chez les joueurs.

LES PENGUINS NE LÂCHENT PAS

Les Blue Jackets de Columbus sont dans le même bateau que les Hawks. Mais il faut dire aussi qu’ils ont connu une saison en dents de scie.

On se rappelle qu’ils ont connu une séquence de 16 victoires consécutives. Mais ils ont été bien ordinaires par la suite, conservant une fiche de 23-19-4.

Les Penguins, leurs adversaires, continuent de gagner malgré l’absence de Kris Letang, de Chris Kunitz et de Carl Hagelin.

Dans l’Ouest, le Wild du Minnesota est encore en train de s’effondrer en séries.

Mais tant qu’à avoir des surprises, pourquoi ne pas souhaiter une finale entre le Canadien et les Predators.

Voyez-vous ça d’ici?

Ce serait l’enfer!