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Gabriel Nadeau-Dubois se défend d’avoir assisté à un souper pour promouvoir une «DPJ islamique»

Khadir GND
Simon Clark/Agence QMI

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Le candidat de Québec solidaire dans Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois s’est défendu, au micro de Paul Arcand au 98,5 FM, d’avoir assisté au souper d’un organisme effectuant de la «médiation interculturelle» auprès de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Celui qui aspire aussi à devenir porte-parole de Québec solidaire a été critiqué d’encourager un organisme qui promeut la création d’une DPJ islamique, alors qu’une photo de lui et des femmes –voilées– de l’organisme s’est mise à circuler sur internet.

«C’est un souper qui visait à encourager un organisme communautaire qui, comme vous l’avez dit, fait de la médiation interculturelle et intergénérationnelle. Donc c’est un organisme qui travaille actuellement en collaboration avec la DPJ et qui intervient quand il y a des conflits. Des conflits entre les jeunes femmes et leurs familles. Ce sont des situations qui arrivent souvent dans la communauté musulmane. Il y a des clashs de valeurs, des conflits de culture et c’est un groupe qui travaille auprès des jeunes de la communauté musulmane dans ces situations-là» a d’abord expliqué Gabriel Nadeau-Dubois.

Il a ensuite plaidé qu’il n’a jamais entendu parler d’un tel projet lors de l’événement.

«Moi, ce soir-là je n’ai pas entendu parler de DPJ musulmane. Je n’ai jamais entendu parler de ça et si j’en avais entendu parler, j’aurais trouvé que c’est une mauvaise idée. Il n’y a pas de raisons à ce que les services publics au Québec soient confessionnels. Je n’en ai pas entendu parler et si j’en avais entendu parler j’aurais trouvé que c’est une mauvaise idée.»

Le jeune candidat a d’ailleurs pointé du doigt la société québécoise qui effectue, selon lui, des «raccourcis» concernant la communauté musulmane.

«Je ne peux pas m’empêcher de souligner l’absurdité de la situation. Ce qui est en train de se passer depuis quelques heures, c’est quelque chose qui s’est passé beaucoup au Québec depuis 10 ans. C’est-à-dire qu’il y a une petite frange d’excitée sur les réseaux sociaux, on les connaît, qui montent une histoire en épingle, qui font une tempête dans un verre d’eau et là on a un chroniqueur ou une chroniqueuse qui saute sur l’occasion pour aller chercher des clics, pour faire une chronique qui va générer l’attention et là, quelques heures plus tard, on se ramasse dans les médias, parfois même à l’Assemblée nationale, en train de commenter une histoire qui a débutée comme une tempête dans un verre d’eau sur les médias sociaux. Ce qui est triste, c’est que trop souvent, ce genre d’histoires là ça vise toujours et encore la communauté musulmane au Québec. [...] ça m’inquiète de voir qu’au Québec, comme acteur politique, il faut passer trois jours à se justifier après être allé encourager un organisme comme celui-là. Je ne le reproche pas à vous, mais sur les réseaux sociaux, on a une frange de gens qui aiment ça créer du scandale. [...] Je trouve ça dangereux qu’on ait toujours un soupçon quand il s’agit de la communauté musulmane. Je trouve ça dangereux qu’on en soit rendus là au Québec. On ne devrait pas soupçonner une communauté plus qu’une autre au Québec c’est dangereux ça ces réflexes-là qu’on a de toujours penser de que quand il y a des musulmans impliqués dans un truc, forcément il doit y avoir quelque chose de croche, il doit y avoir quelque chose de louche.»

Interrogé par l’animateur Paul Arcand à savoir pourquoi il y a autant de femmes musulmanes qui voient la DPJ entrer dans leur vie, Gabriel Nadeau-Dubois a évoqué «les défis particuliers» de ces «dynamiques» présentes dans «les communautés issues de l’immigration».

«Moi je ne suis pas un spécialiste de ces questions-là, donc la réponse à votre question je ne l’ai pas. [...] Il peut y avoir des clashs dans le processus d’intégration ou il y a des valeurs familiales qui peuvent entrer en conflit avec des valeurs de la cité d’accueil. C’est bien connu ces dynamiques.»

Gabriel Nadeau-Dubois a d’ailleurs tenu à réitérer les raisons pour lesquelles il a assisté à l’événement.

«Je peux le répéter 35 fois ce matin, ça va me faire plaisir. Moi je vous dis: les raisons pour lesquelles j’ai été là, on m’a invité à parler de l’importance de l’éducation pour l’intégration des jeunes issus de l’intégration dans la société québécoise. On m’a demandé de venir parler de ça et c’est de ça que j’ai parlé. Je suis allé parler de l’importance de l’éducation pour que tout le monde soit intégré à la société québécoise. J’ai parlé de l’importance, par exemple, que les productions culturelles québécoises reflètent la diversité. J’ai parlé de la société québécoise et j’ai été chaleureusement applaudi par l’ensemble de la salle. [...] Je vous dis que c’était une soirée ouverte, festive, inclusive où moi j’ai parlé de l’importance de s’intégrer à la société québécoise et tout le monde était d’accord avec moi et j’aimerais terminer en disait que si demain matin j’ai une invitation, je vais y retourner parce que je trouve ça important moi de porter mon message à tous les Québécois et toutes les Québécoises peu importe leur religion peu importe leur pays d’origine et si ça me vaut quelque chronique de mauvaise foi, si ça me vaut quelques tweets un peu agressifs, ben je vais continuer à le faire parce que moi je refuse qu’au Québec on laisse de côté des gens, qu’on fasse de la politique en divisant les gens selon leur religion. Moi je vais y retourner pour porter mon message», a-t-il conclu.