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La Voix... de la diversité

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Lundi, comme deux millions de Québécois, j’ai écouté le premier direct de La Voix à TVA.

Et en plein milieu d’une chanson, ça m’a frappée: ça, c’est le Québec qu’on aime! Guy Mapoko, originaire du Bénin, chantait du Offenbach (Je chante comme un coyote), accompagné d’une chorale gospel.

C’était le Québec dans toute sa diversité. Celui qui accueille­­, embrasse, métisse, mélange et réunit.

Le Québec s’apprête à vivre un nouveau psychodrame avec la Consultation sur le racisme systémique. J’espère juste que ceux qui organisent cette consultation ont regardé La Voix au fil des ans: ils auraient vu que l’émission la plus populaire au Québec est tout sauf blanche et francophone.

VIVRE ET CHANTER ENSEMBLE

Il y avait quelque chose de vraiment symbolique dans le fait qu’un chanteur noir comme l’ébène reprenne une toune d’un des groupes les plus typiquement québécois: Offenbach. «Je suis en train de m’intégrer et j’adore ça», a déclaré­­ Guy Mapoko à Charles Lafortune. «Gerry Boulet serait­­ content d’entendre ça», a lancé Éric Lapointe.

Pour moi, le «racisme systémique» fait référence à des situations comme l’apartheid en Afrique du Sud ou la ségrégation comme on l’a connue aux États-Unis. Si c’était le cas au Québec, est-ce que des millions de personnes applaudiraient une émission qui réunit autant de couleurs, d’origines, d’accents différents?

Lundi, on a entendu des Anglos chanter en français (chapeau­­ à Rebecca). Et on a vu des visages de la diversité, comme Karimah Marshall (sa mère est originaire de la Jamaïque­­ et son père vient de la Guyane) ou Tova Stolow (sa mère est une Française qui a immigré au Québec vers 20 ans et son père est un Québécois anglophone d’origine juive).

De plus en plus de voix se sont élevées au cours des derniers jours pour dénoncer la tenue de cette consultation sur le racisme systémique. A-t-on besoin de ça après la Commission­­ Bouchard-Taylor et la Charte des valeurs?

A-t-on besoin de faire le «procès» des Québécois, comme l’a demandé Jean-François Lisée? Alors que Philippe Couillard a accusé ses adversaires politiques de chercher à diviser le Québec, n’est-ce pas exactement ce qu’il s’apprête à faire avec cette consultation?

Si les Québécois étaient si racistes, intolérants, xénophobes, suprémacistes, est-ce que Guy Mapoko aurait eu envie de monter sur scène pour nous chanter du Gerry Boulet à la sauce gospel?

IL N’Y A PLUS D’AMOUR DANS L’AIR

En terminant, un mot au sujet de Martine St-Clair, qui s’est offusquée que Pierre Lapointe qualifie Y’a de l’amour dans l’air de chanson «un peu quétaine». Disons que Martine­­ aurait dû choisir une autre bataille à mener. À peu près tout ce qui s’est fait dans les années 1980 paraît démodé­­ en 2017!

Ce n’est pas une insulte de le dire, c’est une simple constatation. C’est pourquoi la version de Karimah était si craquante: elle a réussi à la sortir de son côté ringard de l’époque où les filles avaient les cheveux crêpés et portaient des vestes à épaulettes.

S’il faut que les artistes montent sur leurs grands chevaux­­ chaque fois qu’on dépoussière un de leurs succès, on n’est pas sorti du bois.