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Patiente «parkée» près de la machine à café

L’hôpital de Joliette veut désengorger l’urgence

La patiente âgée de 65 ans a été délogée de 
sa chambre pour aboutir dans un corridor, 
à côté d’une machine à café «bruyante» et 
du va-et-vient constant.  
Photo Courtoisie La patiente âgée de 65 ans a été délogée de sa chambre pour aboutir dans un corridor, à côté d’une machine à café «bruyante» et du va-et-vient constant.  

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Une résidente de Joliette est carrément outrée que sa mère de 65 ans, hospitalisée au Centre hospitalier régional de Lanaudière, ait été délogée de sa chambre, mardi, et «parkée» dans le corridor, afin qu’un malade de l’urgence occupe son lit.

«J’étais hors de moi! Ma mère m’a appelée en pleurant. On l’a placée sur une civière, dans un coqueron qu’elle a partagé, la nuit dernière [de mardi à mercredi], avec un monsieur couché sur la civière voisine. Oubliez l’intimité. En face d’elle, il y a une machine à café bruyante qui fonctionne toute la nuit, en plus du va-et-vient constant», s’indigne Julie Lévesque.

C’est la solution que l’hôpital a retenue pour se conformer à l’ultimatum du ministre Barrette qui ne veut plus voir de séjour de plus de 24 heures aux urgences, affirme Mme Lévesque.

La patiente âgée de 65 ans a été délogée de 
sa chambre pour aboutir dans un corridor, 
à côté d’une machine à café «bruyante» et 
du va-et-vient constant.  
Photo Courtoisie

« Le choix à faire »

«C’est ce que le personnel nous a dit. Lorsque je me suis plainte de la situation, un responsable m’a répondu que ma mère était apte à être déplacée dans le corridor et que c’était le choix à faire», rage-t-elle.

Sa mère diabétique est hospitalisée depuis le 7 avril, en raison d’une pneumonie et de problèmes cardiaques. Elle doit obtenir son congé dans les prochains jours. «Ce n’est pas une raison pour placer les patients dans un coin de débarras. Ma mère n’est pas la seule à avoir dû céder son lit. Lorsqu’elle veut aller à la toilette, elle doit se rendre dans une chambre. C’est assez ordinaire», soulève Mme Lévesque, qui s’est adressée au commissaire local aux plaintes.

« Lits surnuméraires »

La direction du CISSS de Lanaudière, dont relève l’hôpital de Joliette, nie que cette façon de faire soit motivée par le récent mot d’ordre du ministre Barrette.

«Il arrive, en situation de fort achalandage de l’urgence, que des usagers nécessitant une hospitalisation soient admis dans des lits surnuméraires dans les unités de soins.

«Les usagers stables, dont le congé est imminent et qui n’ont pas de déficits majeurs associés, sont parfois déplacés dans un endroit qui convient au type de soins et surveillance que leur état requiert. Cette approche [...] ne découle pas d’une quelconque directive», soutient la porte-parole du CISSS, Pascale Lamy.