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On lui trouve un trouble de santé mentale deux jours avant qu’il tue

FD-MORT-SUSPECTE-ST-JEAN
Photo d’archives Chao Peng a été retrouvé sans vie dans l’arrière-boutique du dépanneur situé sur la rue Mercier, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

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Deux jours avant de tuer le jeune commis qui l’aidait dans son nouveau commerce, le propriétaire d’un dépanneur avait été diagnostiqué avec un trouble de santé mentale, a-t-on appris jeudi lors de son plaidoyer de culpabilité.

Le 16 novembre 2013, Chao Peng a été tué à coup de planche de bois dans l’arrière-boutique du dépanneur de Saint-Jean-sur-Richelieu que ses parents venaient de vendre. Le jeune homme de 25 ans aidait alors Shao Jun Liu, le nouveau propriétaire du commerce, afin de faciliter la transition.

Chao Peng<br>
<i>Victime</i>
Photo d'archives
Chao Peng
Victime

Le matin du drame, le jeune homme est arrivé en retard au dépanneur. Il a été tué à peine 15 minutes après avoir rejoint l’accusé dans la remise. Son corps a été retrouvé peu après, par la conjointe de Liu. Elle avait dû demander de l’aide pour ouvrir la porte de l’arrière-boutique, qui avait été bloquée par des caisses de bière. La victime avait été frappée à plusieurs reprises à la tête.

Liu avait alors quitté les lieux en voiture. Sa fuite s’est terminée près d’une heure et demie plus tard, après qu’il eut causé un accident de la route. Légèrement blessé, il a été arrêté à sa sortie de l’hôpital, en après-midi.

Les policiers ont alors découvert une goutte de sang, qui s’est avéré être celui de la victime, sur un de ses souliers, peut-on lire, dans le résumé des faits déposé en Cour jeudi, dans lequel Liu reconnaît avoir causé la mort de la victime.

D’abord accusé de meurtre au second degré, il a plaidé coupable à une accusation d’homicide involontaire.

Solitude et douleur

En effet, l’accusé, qui a consulté son médecin de famille deux jours avant le drame, venait de recevoir un diagnostic de trouble de l’adaptation, a-t-on relaté en Cour jeudi. Des antidépresseurs lui ont été prescrits et il a été mis en arrêt de travail. Mais il n’a pas cessé le boulot et n’a pas touché à ses médicaments.

Ainsi, en raison de son trouble mental, l’accusé n’avait pas une «intention spécifique de tuer», ont conclu l’avocat de Liu, Me Martin Latour, et la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Phaneuf.

Ils se sont entendus sur une suggestion commune de huit ans de détention.

Jeudi, la mère de la victime a tenu à s’adresser au tribunal, afin d’exposer les conséquences de la mort de son fils.

Liyan Guo<br>
<i>Mère de la victime</i>
Photo d'archives
Liyan Guo
Mère de la victime

«J’ai maintenant 55 ans et je ne peux plus avoir d’enfant. Mon fils était mon seul enfant et ma joie. Sans lui, je sais que mon mari et moi passerons le reste de notre vie en ressentant la solitude et la douleur. Notre famille a été détruite», a-t-elle dit avec émotion, étouffée plusieurs fois par les sanglots.

Dans le box des accusés, Shao Jun Liu fixait le sol et a dû s’essuyer les yeux quelques fois.

Il a d’ailleurs remis une lettre à la juge, dans laquelle il s’adresse aux parents de Chao Peng, pour s’excuser.

«Je me demande constamment s’il n’y aurait pas eu quelque chose que j’aurais pu faire pour prévenir cela. Si seulement je pouvais retourner dans le temps», a-t-il écrit.

► La juge de la Cour supérieure Johanne St-Gelais indiquera le 9 mai prochain si elle entérine la sentence de huit ans de détention suggérée par les parties.