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Pacioretty doit s’affranchir

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Claude Julien a réitéré sa confiance envers Max ­Pacioretty, hier. Rien de plus normal. Les joueurs désignés pour rencontrer les médias, ­Andreï Markov, Paul Byron, ­Nathan Beaulieu, Torrey ­Mitchell et Steve Ott se sont rangés aussi, comme il se doit, derrière leur capitaine. Une équipe, c’est ça. Tout le monde se soutient dans les bons comme dans les mauvais ­moments. Mais ça ne masque pas la vérité. Pacioretty ne ­produit pas beaucoup en séries.

Le temps presse maintenant pour lui et ses coéquipiers. Le Tricolore et les Rangers s’engagent ce soir dans une série deux de trois.

Le Canadien a la chance de posséder l’avantage de la patinoire. Il doit la saisir, mais pour gagner, tout le monde devra mettre l’épaule à la roue, en particulier Pacioretty.

L’attaquant de 28 ans est un bon joueur de hockey. Il revendique

cinq saisons consécutives d’au moins 30 buts dans le cours de saisons ­normales de 82 matchs.

Mais il doit faire la démonstration qu’il peut produire au même diapason en séries éliminatoires.

10 buts en séries

Regardons ce que les chiffres disent à cet égard.

Ses premières séries remontent à 2013. En 36 matchs, il présente une fiche de 10 buts et 9 mentions d’aide pour une moyenne de 0,52 point par rencontre.

En saison régulière, sa moyenne de points par match s’élève à 0,81 pour la même période.

Il s’agit d’un écart assez considérable.

Passons maintenant à l’historique de ces buts en séries.

2013

♦ Aucun but en quatre matchs contre les Sénateurs.

2014

22 avril: but gagnant qui brisait une égalité de 3 à 3 avec 43 secondes à faire en troisième période contre le Lightning. Le Canadien complète le balayage de la série.

12 mai: deuxième but du match dans une victoire de 4 à 0 contre les Bruins. Le Canadien égale la série 3-3.

14 mai: but gagnant qui donnait une avance de 2 à 0 aux siens en milieu de match. Le Canadien l’emporte 3 à 1 et élimine les Bruins en sept matchs.

19 mai: premier but du match dans une défaite de 3 à 1. Les Rangers ­prennent les devants 2-0 dans la ­série.

27 mai: troisième but des siens dans une victoire de 7 à 4 qui évite ­l’élimination au Canadien. Les ­Rangers mènent la série 3-2.

2015

17 avril: but en supériorité numérique qui permet de créer l’égalité 1 à 1 à mi-chemin dans le match. Le Canadien l’emporte 3 à 2 en prolongation pour prendre une avance de 2-0 dans la série l’opposant aux Sénateurs.

26 avril: but dans un filet désert avec une seconde à faire dans une victoire de 2 à 0. Le Canadien élimine les ­Sénateurs.

1er mai: but égalisateur (1-1) avec 5 min 13 s à faire en troisième période. Défaite de 2 à 1 en deuxième période de prolongation contre le Lightning, qui remporte le premier match de la série.

7 mai: deuxième but des siens, en infériorité numérique, dans une victoire de 6 à 2. Le Canadien évite l’élimination face au Lightning, qui mène la ­série 3-2.

12 mai: seul but du Canadien (1-3), inscrit à 15 min 3 s de la troisième ­période, dans un revers de 4 à 1 face au Lightning. Le Tricolore subit ­l’élimination en six matchs.

On peut voir que Pacioretty a inscrit quelques buts opportuns, mais un franc-tireur de sa trempe doit être plus constant.

le plus de tirs au but

Par ailleurs, le nombre de tirs au but n’est pas toujours une indication fidèle du rendement d’un joueur.

Ainsi, avant les matchs d’hier soir, Pacioretty dominait la LNH avec 19 tirs en quatre matchs. Mais il n’a toujours pas marqué.

Il a obtenu une mention d’aide sur le but vainqueur d’Alexander Radulov en prolongation dans la deuxième rencontre face aux Rangers, vendredi.

C’est trop peu.

On peut toujours souligner que ­Pacioretty vient au quatrième rang des francs-tireurs de la Ligue ­nationale depuis la saison 2011-2012.

Claude Julien peut toujours dire qu’il se comporte comme un bon ­capitaine et qu’il accomplit du bon travail en infériorité numérique.

On peut lui trouver toutes les qualités qui sont les siennes, mais il doit s’affirmer dans ce qu’il fait de mieux.

On est en séries.

Le Canadien a autant besoin de buts de sa part que des arrêts de ­Carey Price.

Sa survie en dépend.