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Khadir se défend d’avoir voulu diffamer un entrepreneur

Amir Khadir
Photo Pierre-Paul Poulin Amir Khadir

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Le député Amir Khadir s’est défendu d’avoir diffamé un ex-associé de Tony Accurso, expliquant qu’il voulait lancer un débat quand il l’a associé au financement occulte des partis politiques.

«[En 2013], le Parti québécois se drapait de toutes sortes de vertus. Je pense qu’il faut établir la responsabilité des vieux partis politiques [dans le financement illégal]», a témoigné le député de Québec Solidaire à la cour, jeudi.

M. Khadir s’est ainsi défendu face à la poursuite en diffamation de 300 000 $ intentée par l’entrepreneur Marcel Melançon relativement à deux entrevues sur les ondes du 98,5 FM, en 2013.

«Mais les cocktails de financement où étaient là des SNC-Lavalin, où étaient des compagnies pharmaceutiques, des compagnies de construction, organisés par Marcel Melançon, c’était monnaie courante, avait dit une première fois M. Khadir. C’est celui qui donnait le cours 101 de financement illégal à Jean Brault, qui en a parlé en commission Gomery.»

Mercredi, M. Melançon avait affirmé au tribunal que ces propos étaient faux, puisqu’il a participé au financement du PQ uniquement lors du référendum de 1995, à titre bénévole. Il n’avait pas non plus aimé être associé à Tony Accurso, étant donné qu’il n’entretenait plus de liens avec lui depuis 1999.

Mis en demeure par l’entrepreneur, M. Khadir avait finalement présenté des excuses. Mais il a en ensuite rajouté lors d’une autre entrevue radio.

«Mes excuses visaient à s’éloigner de la judiciarisation du débat public», a expliqué M. Khadir à la cour jeudi.

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M. Khadir a affirmé s’être basé sur des extraits du rapport de la commission Moisan lancée en 2005 sur le financement illégal de partis politiques. S’il a donné l’exemple de M. Melançon, c’était pour illustrer le problème et lancer le débat, a-t-il dit. «Mon intention n’était pas d’insulter quiconque, a ajouté M. Khadir qui avait aussi qualifié l’entrepreneur de bagman [collecteur de fonds]. Comme député d’opposition, mon rôle est de questionner et c’est ce que j’ai fait.»

Aux médias présents au palais de justice de Montréal, il a ensuite déclaré que ses propos concernaient un débat public, et non une attaque personnelle envers l’entrepreneur.

Le député s’est aussi dit «inquiet» de la judiciarisation de l’affaire.

Il a par ailleurs expliqué que ses frais d’avocats étaient assumés par l’Assemblée nationale, comme le veut la loi. S’il perd, il affirme toutefois qu’il remboursera les frais.