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Primes et récompenses

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Dans les années 1960, l’État québécois s’est enfin doté d’une fonction publique compétente, intègre et non partisane. Ses «grands mandarins» ne faisaient pas exception.

Or, au fil du temps, une partie des emplois dits «supérieurs» et fort bien rémunérés par les fonds publics – directeurs de sociétés ou d’organismes d’État, délégués généraux, etc. – sont devenus des récompenses partisanes pour des «amis» du régime du jour.

Geste éthique

Résultat: l’adéquation entre la compétence et la hauteur de la rémunération n’est pas toujours au rendez-vous. Le Journal rapporte d’ailleurs que les revenus des patrons de sociétés d’État grimpent «malgré des résultats mitigés».

Au sommet de l’appareil public ou parapublic, on trouve aussi de généreuses primes de départ. Cité par Le Journal, le patron du Secrétariat aux emplois supérieurs y voit une condition sine qua non au recrutement de mandarins.

Selon lui, l’abandon de sa prime de départ de 210 976 $ par l’ex-protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain serait même une rare exception. Nommée au Sénat, elle ne voyait aucune raison de l’empocher.

Comment se fait-il qu’un geste aussi éthique soit l’exception? C’est bien là que le bât blesse. Pourquoi ne pas suivre la recommandation de Mme Saint-Germain de ne plus rendre ces primes de départ «automatiques»?

Coussins

La réponse est que, hormis pour les rares postes dont le titulaire doit être approuvé par les deux tiers des membres de l’Assemblée nationale, trop de nominations dans les hautes sphères de l’État sont de nature partisane.

Pour ces «amis» de passage, de coquettes primes de départ peuvent atteindre des centaines de milliers de dollars. Dans leurs cas, ces primes sont en fait des «coussins» protecteurs pour le jour où ils seront dégommés par un nouveau régime pressé de nommer à son tour ses propres «amis».

Ça ne se dit pas, évidemment. La chose serait trop mal vue par les citoyens à qui l’on raconte que ces primes servent à recruter les «meilleurs»...