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Je suis un produit de l'école privée

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Cette «grande» nouvelle a fait les manchettes la semaine dernière : Gabriel Nadeau-Dubois est rattrapé par son passéQuoi? Un pur produit de l’école privée qui ose demander la fin du financement des écoles privées!

Oui. Et après?

Dans son Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Normand Baillargeon nous met en garde contre l’argument contre la personne. Ce procédé consiste à s’en prendre à celui qui énonce une idée ou un argument plutôt qu’à cette idée ou à cet argument.

Le comportement de certains journalistes à l’endroit de GND illustre à merveille l’utilisation de cette technique.

Est-ce que le fait d’avoir fréquenté l’école privée nous empêche de réfléchir et de remettre en question la structure du système d’éducation au Québec?

Est-ce que le fait d’être un produit du privé nous empêche de nous soucier du bien commun?

Est-il possible que GND soit un extraterrestre? Un illuminé? Un traître?

C’est ici que je vous arrête. GND n’est pas seul dans son clan.

D’abord, je tiens à vous présenter Marc St-Pierre. Ce chargé d'enseignement en administration scolaire, à l’Université du Québec en Outaouais et consultant en éducation, intervient régulièrement dans l’espace public.

Si vous prenez la peine de découvrir son œuvre, vous conviendrez qu’il ne fait pas partie des adeptes du financement public des écoles privées.

Vous savez quoi? Monsieur St-Pierre fut coordonnateur des services éducatifs à la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) pendant quatre ans...

D’ailleurs, je vous invite à lire l’un de ses textes que j'aurais bien aimé écrire. Il représente exactement ce que je pense de notre système d'éducation : Notre système scolaire crée de l’échec.

Ensuite, je tiens à vous dire que je suis aussi de l’équipe de ceux qui sont d’avis qu’on devrait couper les subventions aux écoles privées. Et tout comme GND, je suis un pur produit du privé.

En effet, j’ai fréquenté pendant cinq ans une école secondaire privée de la région de Québec. Est-ce que j’aurais préféré fréquenter l’école publique? Aucune idée. Il s’agit d’une question purement hypothétique avec une réponse qui le serait tout autant. En somme, une discussion inutile.

Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai reçu une excellente formation de la part d’une équipe ayant à cœur l’éducation. C’est exactement la même réponse que vous donneront mes ex-élèves ayant fréquenté l’école publique où j’enseigne depuis longtemps. Là n’est pas la question.

Pourquoi demander la fin du financement de l’école privée? Question difficile qui mérite une réponse exhaustive. Ainsi, vous trouverez l’ensemble de mes arguments sur mon blogue personnel. Je vous invite à suivre ce lien qui vous mènera vers un site qui m’appartient : Le prof Dancause.

L'inconséquence

En terminant, je tiens à vous mentionner que j’ai adoré le texte Pour des écoles privées vraiment privées de Josée Legault. Elle nous raconte qu’elle est « un produit de l’école publique québécoise et très fière de l’être.»

Elle ajoute, un peu plus loin dans son texte, qu’il «serait en effet intéressant – et révélateur –, d'avoir la liste des élus dont les enfants fréquentent une école privée subventionnée. Pourquoi? Parce que l’on saurait combien ils sont à manquer autant de confiance envers le même système public d’éducation dont ils sont pourtant les premiers gardiens sur le plan politique.»

Je partage l’avis de Mme Legault, mais j’aurais quelque chose à ajouter : on peut également affirmer que tous les enseignants et les directeurs d’école sont les premiers gardiens sur le plan social de notre système public d’éducation.

De ce fait, il serait tout aussi intéressant de savoir combien ils sont à envoyer leurs enfants dans une école privée. On saurait combien ils sont à manquer autant de confiance envers leurs propres écoles et leur propre système.

Et surtout, il serait intéressant de savoir pourquoi Mme Legault est plus fière de son école publique que certains intervenants qui y travaillent.

Plusieurs acteurs du monde de l'éducation souhaitent une plus grande valorisation de notre école publique. Afin que le résultat soit conforme à nos vœux, il serait sage d'être cohérent.

Gandhi disait que nous devons être le changement que nous voulons voir dans ce monde. Voici donc l’inconséquence en 68 secondes :